Pringle

La vie devant moi Colombe Pringle
JC Lattès, 2016, 200 pages

« J’ai alors repensé à la remarque de ma cousine Blandine qui m’avait asséné : « De toutes les façons Colombe, on ne se ressemble PLUS. Alors la seule question est : vais-je m’habituer à être vieille ou pas ? »
Je cherche encore la réponse. »

Sexagénaire, certes, mais fille de Flora Groult, et ayant eu une carrière riche (journaliste et rédactrice en chef de divers magazines, entre autres), Colombe Pringle prend la plume pour nous dresser un état des lieux de la soixantaine : même pas peur. Elle n’effraie pas, non, bien au contraire, ses points d’intérêt (ou d’achoppement) sont intemporels à vrai dire et son dynamisme inaltérable. Elle donne plutôt la pêche et on prend plaisir à parcourir les quelques anecdotes familiales dont elle saupoudre son récit (une de ses grands-mère) avait baptisé leur caniche Fric – « ça le fera venir »), ((son père) : « Il avait trois parapluies, identiques à mes yeux, pour le jour, le soir et la pluie, et s’il tombait des trombes et que ce n’était pas le bon, il ne l’ouvrait pas. »), même si un name-dropping chic peut quand même un petit peu agacer – disons que tout le monde n’a pas ses moyens ni sa famille. Pour le reste ce sont des sujets auxquels toute femme est confrontée – et ce bien avant la soixantaine -, allant du plus trivial au plus important, et la plume est vraiment agréable. Lu d’une traite !

« Depuis des années, Ellen Langer, soixante-sept ans, spécialiste de la question des liens entre le mental et le physique, se passionne pour ces questions de comportement et de vieillissement.
Sa première étude date de 1981. Son sujet : un groupe d’hommes de soixante-quinze ans en bonne santé – « A cette époque, précise-t-elle au journaliste du New York Times venu faire son portrait, soixante-quinze n’était pas encore le nouveau cinquante-cinq. » Après avoir établi un bilan des capacités de ses « cobayes » – dextérité, flexibilité, vue, mémoire, audition, force musculaire… -, elle les a réunis dans un lieu au décor années cinquante reconstitué dans les moindres détails. Jusqu’aux photos d’eux jeunes qu’ils avaient eu pour consigne d’apporter. Une fois la porte franchie, ils étaient traités comme s’ils avaient vingt-deux ans de moins. A l’ordre de leurs jours, des projections de films d’autrefois, des discussions animées par une équipe de psychologues en « costumes d’époque » ni baskets ni jeans pour ne pas perturber l’illusion du temps retrouvé – et à la télévision, en noir et blanc, le journaliste vedette diffusait les nouvelles du temps de leur relative jeunesse. A la fin de leur séjour, lors d’une nouvelle batterie de tests, tous étaient « plus souples », se tenaient « plus droits », faisaient preuve de « plus de dextérité ». Des experts indépendants invités à les examiner avaient, eux aussi, estimé qu’ils avaient un comportement d’hommes plus jeunes que leur âge. Selon Mrs Langer, inverser les aiguilles de leur montre avait « mis leur esprit dans un présent antérieur et leur corps avait suivi ».
Admettons. » (Elle n’est pas convaincue ;o))

« Saisis de chaque instant la nouveauté irressemblable. » André Gide, Les Nourritures terrestres

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