Peacock

Au-dessus des lois Justin Peacock
Sonatine, 2015, 662 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Johan Frédérik Hel-Guedj
(Blind Man’s Alley 2010)

J’avais aimé Verdict*, le premier roman de Justin Peacock, j’ai dévoré cette deuxième traduction qui rend de plus en plus accro au fil des pages. On y suit Duncan Riley, en passe de devenir associé dans un grand cabinet d’avocats New-Yorkais. Pour l’heure, lui sont encore assignées essentiellement des missions de pure paperasse, il s’occupe principalement d’une grosse société d’immobilier. Il a fait de brillantes études dans la bonne université et gagne très bien sa vie, qui se contente en réalité d’être gagnée, pas vécue. Bossant 20 h par jour, sans week-end, sans vacances – peut-être deux jours à Noël et encore – il a plus ou moins coupé les ponts avec sa famille (ses parents ont divorcé quand il était encore enfant), il a la particularité d’être métisse. Originaire de Détroit, son père est noir et sa mère blanche, il a tout pris de sa mère. Il va se trouver au coeur d’une affaire qui va s’aggraver de jour en jour…

Les tourments du héros diffèrent de ceux du premier roman, et en un sens ils sont plus réalistes (être avocat d’affaires est rarement se battre pour que triomphe le « Bien »), même si le côté des méchants souffre ici d’une certaine exagération (disons, ils représentent des archétypes).

Ceci dit j’ai marché à fond dans la construction de l’auteur, me retrouvant au moment de « LA » scène de prétoire dans un état de tension tout à fait jubilatoire, et aucunement déçue : quels jolis effets de manche, quel plaisir que ces « « surprises » ! Il faut un tout petit temps d’acclimatation aux nombreux personnages dans les premières cent pages mais ensuite tout va crescendo et si on aime le genre (du thriller juridique), on se régale vraiment.

*Verdict

Le thriller juridique (ou roman procédural) est un genre à part entière, dont j’ai par le passé raffolé. Justin Peacock signe ici un premier roman qui en reprend tous les codes, et se démarque par sa simplicité. Structuré en trois parties chronologiques (présentation des personnages et mise en contexte, préparation du procès, procès et conséquences), il s’attache au-delà du procès proprement dit à nous exposer la vie de deux avocats new-yorkais.
Joël Devereaux est le produit de bonnes études dans une bonne université, il entre dans un grand cabinet, puis rétrograde en commis d’office, contraint et forcé. Myra aborde sa carrière en sens inverse, ce poste est tout ce à quoi elle peut prétendre vu son cursus, et un tremplin pour elle qui voulait au départ être actrice.
Ils ne pourraient être plus différents et doivent collaborer sur un cas précis, qui leur permettra de montrer au lecteur les réalités sociales, morales, économiques et philosophiques de leur métier.
Exempte de tout effet de style, l’écriture très réaliste est presque de l’ordre du documentaire, et on repose difficilement ce roman une fois commencé (un bon suspens, deux héros tourmentés).

Ed. Sonatine, 2010, 369 p. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Johan-Frédérik Hel Guedj (A Cure for Night)

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