Teir

La guerre d’hiver Philip Teir
Albin Michel, 2015, 376 p.
Traduit du suédois (Finlande) par Rémi Cassaigne (Vinterkriget 2013)

« Roman conjugal » nous précise la couverture, et si techniquement l’appellation est correcte, il s’agit pourtant plus de la chronique d’une famille finlandaise sur huit mois. De novembre à juin, nous faisons la connaissance des Paul : les parents à l’aube de la soixantaine – un couple qui a toujours mal fonctionné et qui semble en fin de course, les deux filles avec chacune ses problématiques. L’aînée est engoncée dans un quotidien boulot-mari-enfants duquel tout loisir est exclu, la cadette se cherche encore, tente une école d’art à Londres sans grande conviction. Tout ce petit monde se croise ou se heurte, chacun accompagné de personnages secondaires, et dans une proximité immédiatement évidente – malgré le dépaysement dû à la Finlande, on suit les Paul avec un réel plaisir. Sans effet de manche ni rebondissements spectaculaires, Philip Teir signe avec ce premier roman un divertissement plus profond qu’il n’y paraît dont la lecture coule comme une évidence.

« Le rasoir d’Hanlon. C’est un principe, une loi, un peu comme le rasoir d’Ockham. Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la stupidité suffit à expliquer. »

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