Nugent

OLIVER ou la fabrique d’un manipulateur Liz Nugent
Denoël, 2015, 242 pages
Traduit de l’anglais (Irlande) par Edith Soonckindt (Unravelling Oliver 2014)

« Je suis resté éveillé jusqu’à trois heures du matin pour finir ce livre, ce qui ne m’est pas arrivé depuis très longtemps. » nous dit quelqu’un du Irish Independent en 4° de couv, moi j’ai bien failli me relever la nuit dernière tellement j’étais plongée dans l’histoire. Ca commence comme ça : « La première fois où je l’ai frappée, j’attendais de sa part une réaction plus vive. » (première phrase). Par une froide soirée d’hiver 2011, Oliver, un monsieur qu’on devine âgé, écrivain pour enfants célèbre, a frappé son épouse Alice (son illustratrice depuis toujours) une première fois. il est parti faire un tour, et à son retour elle s’était remise. Attablée avec son coffre à secrets à lui, elle lui a lancé : « Sale menteur ! », et là, il l’a mise dans le coma.
Commence alors à rebours et par différents protagonistes l’histoire d’Oliver (et forcément un peu celle d’Alice aussi).
Et là, il n’y a aucun moyen de savoir à l’avance vers quoi on se dirige, si ce n’est que ça se passe en Irlande (pas seulement), que ça remonte jusqu’aux années 40-50 et que les apparences, évidemment, sont toujours trompeuses…
Ce polar (disons qu’il concourt dans la catégorie « Policier » pour le Grand Prix des Lectrices Elle, mais techniquement c’est un roman à suspens) est très réussi parce qu’éminemment romanesque (ce qui est toujours un compliment sous ma plume). Les nombreuses personnes qui offrent leur point de vue (et souvent leur connaissance parcellaire de ce dont ils parlent) le font chacune dans un style propre, très différencié, et l’ensemble a une couleur un peu surannée, ce qui apporte au charme. On va de révélation en rebondissement et on en redemande !

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