« Je me sentais faible et petite et ratée.

Vivifiée aussi.« 

Rue Saint Ambroise

Revue Rue Saint Ambroise numéro 36 spécial Amériques

2015, 189 pages

Rue Saint Ambroise

« Chuck Palahniuk a dit d’elle : »Quand vous étudiez le minimalisme dans l’atelier d’écriture de Tom Spanbauer, le premier texte qu’il vous fait lire, c’est The Harvest d’Amy Hempel (…) Ensuite, vous trouvez nuls tous les romans que vous ouvrez.« 

Elle, c’est Amy Hempel. Fabrice Colin lui a déjà consacré deux billets enflammés, qu’on ne peut pas vraiment comprendre avant d’avoir soi-même lu quelque chose de la dame; parce que là, immédiatement, on voit. On ressent tout de suite ces neurones qui frisent, une inclinaison grande comme ça, une envie de ne surtout pas arrêter et d’aller chercher à l’instant même tout ce qu’on pourra trouver écrit par elle, en vo, en français, peu importe (Véronique Ovaldé à la traduction du dernier recueil, tout de même)*. Mais le truc c’est qu’elle n’est pas toute seule : quatorze nouvelles au total, des auteurs dont j’ignorais tout, d’autres que je vénérais déjà, quatorze univers qui n’ont en commun que d’être réunis dans une thématique spéciale Amériques, quatorze textes que l’on savoure comme des douceurs d’un infini réconfort. On en veut encore !

* En fait pas du tout, Véronique Ovaldé signe la préface, la traduction est de Simone Manceau.

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Revue hérissonnée de passages qui m’ont plu

« Pour tout j’ai fait seulement la moitié du chemin, c’est ça qui fait chier, continua-t-il sans m’écouter. La moitié du chemin pour tout, continua-t-il, heureux de s’écouter. Ni bête ni intelligent, ni riche ni pauvre, ni musicien ni ingénieur. Ingénieur du son, tu piges la connerie.« 

« – Tu crois que ça m’arrivera aussi à moi ?

– Evidemment, pourquoi pas ?

– C’est idiot de tomber amoureux comme ça. Je ne vois pas ce que ça a à voir avec l’amour. On est amoureux pour être heureux, pas pour se faire chier, tu ne crois pas ?

– Moi ça ne m’est jamais arrivé. Cette connerie, c’est pas pour les cons qui restent à mi-chemin. Mais toi tu es courageux, les courageux, il leur arrive toujours des choses terribles.« 

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