Bivald

La bibliothèque des coeurs cabossésKatarina Bivald
Denoël, 2015, 496 pages
Traduit du suédois par Carine Bruy [Läsarna i Broken Wheel rekommenderar]

Sara rencontre Amy sur un site d’échanges de livres, et entre cette jeune suédoise folle de livres, certes, mais pas bien définie encore dans sa vie et cette dame âgée enfouie dans les entrailles d’un petit bled de l’Iowa se noue une amitié épistolaire nourrie. Amy invite Sara à venir passer l’été au Etats-Unis, mais lorsque cette dernière arrive, Amy est morte. Les habitants de Broken wheel ne laisseront cependant pas Sara dans la nature, et bientôt…
Totalement irréaliste ? Parfaitement.
Mais que c’est bon.
Se faire prendre par la main et pénétrer dans un monde magique, constamment infusé de références plus délicieuses les unes que les autres.
Broken Wheel, c’est Walnut Grove mêlé à Stars Follow; Amy est une sorte de Miss Marple mâtinée de Karen Blixen, etc. : de nombreux romans sont évoqués et tous laissent un petit quelque chose d’eux dans cette intrigue toute charmante, qui s’offre le luxe de nous surprendre au détour d’une réflexion inattendue ou d’un développement rieur.
Un roman doudou parmi les meilleurs.

Tout d’accord avec Un autre endroit.

« A bien des égards, c’était la librairie de ses rêves, surtout parce que tous les livres y avaient déjà été lus. Les livres déjà lus étaient les meilleurs. »

« Sara en avait lu quelques-uns, mais certainement pas tous. Ses connaissances livresques n’avaient jamais été systématiques. Plusieurs fois, elle avait cherché à les améliorer et s’était engagée dans une formation quelconque. Quand on passait le plus clair de son temps dans les bouquins, on était censé maîtriser les Nobel, les classiques et tous ces textes dont tout le monde parlait sans les avoir lus, comme Mark Twain aurait dit. Sara avait enchaîné les programmes de lecture ambitieux, mais cela se passait rarement bien. Il était ennuyeux de considérer des livres comme des lectures incontournables au motif que d’autres les avaient lus, et puis elle était beaucoup trop facile à distraire. Il y avait trop de livres pour s’en tenir à une thématique plus ou moins vaste. »

« Il n’avait en aucun cas besoin d’une femme qui n’était même pas mignonne, avec laquelle il n’avait rien en commun et qui lui préférait les livres la plupart du temps. »

« Il est parfois possible d’être heureux sans ça, mais, suis mon conseil : n’épouse jamais un homme qui n’a pas un regard rieur. »

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