Bagieu

California Dreamin’Pénélope Bagieu
Gallimard, 2015, 272 pages

C’est en lisant « Lola Benski » de Lily Brett que j’ai découvert Mama Cass. Pour cette petite journaliste australienne en lutte constante contre son poids la corpulence de Cass Elliot était l’objet d’une fascination indépassable, et elle rendait bien compte du pouvoir magnétique de cette personnalité atypique, pétrie d’un talent éclatant. Pénélope Bagieu nous raconte ici comment Ellen Cohen, fille aînée d’un épicier fou d’opéra, s’est imposée par la force de sa ténacité à John Phillips, et s’arrête au moment où le groupe vacille en raison de la liaison entre Denny et Michelle. Elle dessine son portrait en donnant la parole aux personnes de son entourage, à l’exception du dix-huitième et dernier chapitre qui présente une narration extérieure. Le tout (en noir et blanc) est formidablement vivant, généreux, tout en laissant poindre les failles d’Ellen et ce à quoi elle devait constamment se confronter : pas facile de sortir de la norme. On termine cette BD en écoutant l’intégralité de la playlist suggérée, et on chantonne « and the sky is grey » toute la journée.

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