« Je suis un con. D’accord, je suis un con. Il y a une loi qui interdit d’être con ? Non. Alors je déconne tant que je veux.« 

Carofiglio

 

Les yeux fermésGianrico Carofiglio
Rivages / Thriller 2008, 224 pages
Traduit de l’italien par Claude-Sophie Mazéas

Guido Guerrieri, avocat, la quarantaine, aime les livres et les disques (vinyls), la boxe, son amoureuse, et son métier. Il accepte de se constituer partie civile dans une affaire de harcèlement mettant en cause le fils d’un très gros bonnet. Ca ne va pas se passer facilement…
Ce que j’aime chez Carofiglio c’est le ton de grande proximité (la traduction est parfois un tout petit peu juste, ça sonne italien) et tout ce qui se passe dans le prétoire. Il y a deux-trois petites choses qui grincent un peu dans ce volume (une trop grande sensiblerie, je crois) mais ça ne gâche pas le plaisir.

(Pas facile de suivre les aventures de notre avocat dans l’ordre, Gianrico Carofiglio est édité à la fois par Rivages et Seuil, j’ignore pourquoi – et avec le jeu des brochés / poches, je ne sais absolument pas quel roman précède l’autre. Mais ce n’est pas grave !).

Témoin Involontaire Ed. Payot & Rivages, (Rivages/Noir) 2007, 315 p. Trad. (italie) par Claude Sophie Mazéas

C’est l’histoire d’un avocat frisant la quarantaine qui ne va pas bien; sa femme le plaque, il frôle (de très près) la dépression, et se rend compte qu’il est un médiocre. Pas un minable, pas tout à jeter, mais ayant complètement perdu de vue celui qu’il est vraiment, indéniablement. Avocat d’ailleurs sans conviction, sans vocation, même pas véreux, juste distant. Il accepte sans savoir trop pourquoi de défendre un sénégalais accusé du meurtre d’un enfant, et ça va lui permettre de se remettre sur pied…Le fond est manichéen, la forme assez académique et sans surprise, mais pourtant l’ensemble fonctionne bien, ça roule et c’est huilé. Il est facile de s’attacher à notre Guido, d’apprécier les petits morceaux de son univers, Simon and Garfunkel, Philippe Labro, Quand Harry rencontre Sally, la boxe, Sara. On vibre à la plaidoirie finale, la corde sensible est titillée, de jolie manière.

Les raisons du doute Ed. Seuil, 262 p. Traduit de l’italien par Nathalie Bauer

« Mais une fois passé la quarantaine, les pensées stupides se multiplient et des phénomènes insignifiants se transforment en symptômes de la vieillesse qui approche. »
Guido Guerrieri est un avocat bien attachant. Il est ici aux prises avec un client qui lui occasionne moult tergiversations; non seulement il fait partie d’un épisode traumatisant de sa jeunesse et a été mêlé par la suite à une très sale affaire, mais en guise de cerise Guido craque sur son épouse. Pourtant, bravement et coûte que coûte, il va le défendre.
« Les librairies agissent sur moi comme des anxiolytiques et des antidépresseurs. » Un personnage qui tient ce genre de propos me plaît déjà à la base, mais le sens des descriptions de Gianrico Carofiglio a définitivement emporté la mise. « Porcelli a le tempérament et le charisme d’un calamar. Grand, surmonté d’une petite tête, il évoque, dans sa robe, un invertébré marin, immense et superflu. Tout, en lui, transmet un sentiment presque inhumain d’indifférence et de stupidité. »
On suit l’affaire avec un réel plaisir, légèrement tempéré par une sentimentalité un peu trop envahissante, et un épilogue un poil trop mielleux.

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