Baricco

« Lorsqu’on est en danger, rien de tel qu’un Dickens pour avoir la vie sauve. N’importe lequel.« 

Il dit ça, et puis après il nous le détruit par tout un tas de propos qui m’ont navrée; il dit « 2666 » de Bolano et puis après « je ne sais pas (de quoi ça parle), c’est pas important. » Il dit « Hilary Mantel » et puis après discourt sur les mauvais romans historiques. Bref, « Une certaine vision du mondeCinquante livres que j’ai lus et aimés » d’Alessandro Baricco (Gallimard, 2105, 240 pages, traduit de l’italien par Vincent Raynaud) m’a énervée –  et pire – ne m’a suscité aucune envie. Pourtant le principe me plaisait bien, parce qu’il avait laissé tous ses livres dans son ancienne maison, sa bibliothèque dans celle où il vit depuis dix ans ne contenait que ses lectures récentes, classées par ordre de lecture : l’occasion de relever les plus marquantes et d’en dire quelques mots (deux à trois pages à chaque fois). Mais j’ai trouvé que c’était empli de facilités (voire de remplissage) et ça ne m’a pas plu, au fond je n’ai rien d’autre à en dire.

« Je peux me tromper, mais aujourd’hui, ceux qui ont beaucoup de talent et qui sont capables d’écrire des livres ont également assez de bon sens pour comprendre que ça n’en  vaut plus vraiment la peine. Certes, on peut le faire, mais peu de gens s’en apercevront, personne n’aura envie d’en parler et le talent passera presque pour un manque d’élégance, et les romans pour un genre périphérique. Le courant du fleuve mène ailleurs et beaucoup en déduisent tranquillement cette vérité indiscutable suivant laquelle il vaut mieux être vivant que doué. »

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