MLI

Et tu n’es pas revenuMarceline Loridan-Ivens

Grasset, 2015, 106 pages

Marceline Loridan-Ivens a aujourd’hui quatre-vingt six ans, le double de l’âge de son père au moment de sa mort, dans les camps d’extermination nazis. Elle en est revenue, donnant aux paroles de son père alors qu’ils étaient encore ensemble à Drancy : « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas. » une valeur prophétique qui s’est inscrite violemment et définitivement en elle (comme le matricule 78750 sur son avant-bras gauche). Elle s’adresse à ce père dans cette longue lettre, d’un ton calme et mesuré, depuis ce versant de la vie qu’il n’a jamais connu, cette vieillesse qui a traversé tant de choses. Son propos n’est pas amer (elle s’en défend) mais il condamne : la disparition du père a fracassé la famille et façonné une Marceline qui toute sa vie en portera le poids. Les deux dernières pages contiennent tout le désespoir du monde et referment ce document d’une manière aussi définitive qu’imparable. Un livre terrible.

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