Heller

La constellation du chien Peter Heller

Actes sud, 2013,

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy (The Dog Star, 2012)

Un seul narrateur, qui a toute sa tête mais que les malheurs ont perturbé : il parle beaucoup seul, son phrasé est heurté, il passe souvent du coq à l’âne et il ne faudrait pas grand chose pour qu’il baisse définitivement les bras.  Depuis neuf ans, il survit. Pas tout à fait seul, pas complètement comme il faudrait, sans doute, pour assurer une sécurité plus pérenne. Mais Hig n’a pas renoncé à son humanité, ça l’amène à prendre certains risques, dans ce coin des Etats-Unis après la pandémie et l’effondrement du monde tel que nous le connaissons. Divisé en trois parties, ce roman prend son temps pour nous séduire; il commence très classiquement, en décrivant au plus concret les conditions de vie après une catastrophe. Rien n’est vraiment neuf ni très intéressant mais en voyant dans le nombre de pages restant on espère que ça change…. et c’est là où on se fait prendre. Rien de ce qui est abordé ensuite ne peut se targuer de n’avoir pas déjà été exploité dans les récits de ce genre, et pourtant, je défie quiconque de rester insensible à l’épilogue, de ne pas ressentir cet effroi délicieux qui permet de prendre conscience de l’intensité de notre attachement à ces rares personnages. Mon coeur a raté un battement et j’ai franchement regretté que ça s’arrête. Emmanuel avait beaucoup aimé aussi.

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