« Lucie pleurait souvent, elle avait foi en ses larmes, selon elle, il suffisait qu’elles coulent pour que tout s’arrange.« 

Sorente

La failleIsabelle Sorente

JC Lattès, 2015, 520 pages

« Une déclaration d’amour compense-t-elle forcément une vérité contraire, comme un tas de terre juste à côté d’un trou ?« 

Le jour de la fête des pères 2014, lors d’une manifestation où sa présence était incongrue, VDA décède, sous les coups. Parce que Mina est l’amie de son épouse Lucie depuis leurs douze ans, la meilleure amie – avec de grosses périodes « sans » – et parce qu’un écrivain écrit aussi et surtout sur les personnalités qui la fascinent, elle entreprend ce roman sur Lucie, sur VDA, sur elle. Un roman torturé, qui dissèque les causes et leurs effets, qui s’attaque à mains nues à déterrer la vérité des êtres sous leurs nombreux rôles sociaux protecteurs, et qui le fait dans une narration en poupées russes, lançant un thème pour en soulever un autre, multipliant les points de vue et naviguant allègrement dans les époques. On ne s’égare jamais, pourtant, pas plus qu’on ne décroche : la méticulosité de la plume est terriblement addictive. L’ensemble est fort, sombre, contagieux, attention !

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