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Dix minutes par jourChiara Gamberale
Michel Lafon, 2015, 304 pages
Traduit de l’italien par Elise Gruau

Rien ne va plus pour Chiara : le rubrique qu’elle tenait hebdomadairement depuis huit ans vient de lui être retirée sans sommation, elle a emménagé à Rome et regrette terriblement son village natal, enfin – et surtout – Son Mari depuis presque dix-huit ans (la moitié de sa vie) l’a quittée brutalement. Sa psy lui propose un « jeu » : pendant un mois, faire chaque jour dix minutes au moins quelque chose de tout à fait nouveau, n’importe quoi, du moment qu’elle ne l’a encore jamais fait…
Journal de ces « dix minutes par jour », ce texte nous la montre s’ouvrir à nouveau aux autres et au monde, sans qu’aucune révolution ne se mette en branle cependant. La vie de Chiara contenait déjà une sacrée dose de fantaisie et de gens très divers, c’est son regard sur elle-même et le reste qui souffrait d’un terrible décalage. Le tout est très entraînant, léger mais bien agréable.

« Tu fais comme tu le sens.
C’est la phrase avec laquelle Mon Mari, les derniers temps, concluait toutes les discussions quand il devenait évident qu’on était en train de parler de moi et qu’il n’y avait aucune marge pour renverser la question et déplacer l’attention sur lui. »

« Existent-ils vraiment, « les lecteurs » ?
Je me pose souvent la question, je me la pose actuellement.
Et si oui, qui sont-ils ?
Cherchent-ils, dans un livre, une personnalité ?
La craignent-ils ?
Réellement, qui sommes-nous ? Je m’inclus, naturellement : qu’est-ce que je cherche dans un livre ? Qu’est-ce que je n’accepte pas ? Qu’ai-je en commun avec tous les passionnés comme moi de Philip Roth ? Dans quelle mesure fais-je partie de l’armée de « ses lecteurs » ? Qu’ai-je de commun avec eux, et que n’ai-je pas en commun, à l’inverse, avec les lecteurs d’Asimov par qui je n’ai jamais été complètement conquise ? Je pense au lecteur d’Asimov, le plus fidèle que je connaisse et à celui qui m’a transmis son amour pour le vieux Philip. Auquel est-ce que je ressemble le plus ? Aux deux. A aucun. »

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