Seigle

Je vous écris dans le noir Jean-Luc Seigle

Flammarion 2015, 234 pages

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Voici le roman élu par le jury de septembre, qui entame, après la lecture des sept livres pour mon mois de jurée (octobre – d’ailleurs j’ai hâte de savoir quels seront les trois livres les mieux notés) celle des trois ouvrages mensuels (pour mémoire, sur les sept que chaque jury mensuel doit lire sont sélectionnés un roman, un polar et un document, qui sont ensuite envoyés à l’ensemble des autres jurées) (ça a l’air compliqué comme ça mais c’est très simple au fond – sauf pour les organisatrices, évidemment) (les grands gagnants en mai seront ceux qui auront totalisé les meilleures notes – tous jurys confondus).

Jean-Luc Seigle débute son roman sur Pauline Dubuisson en 1961, alors qu’elle s’est expatriée au Maroc, peu après avoir vu le film que Clouzot a réalisé à partir de son histoire (« La vérité« ). Parce qu’elle rencontre Jean et qu’il lui donne envie de vivre, elle entreprend de raconter toute son histoire par écrit, pour que leur futur, s’ils en ont un, soit établi sur des bases honnêtes. En trois cahiers, elle remonte à sa petite enfance, à la deuxième guerre mondiale où deux de ses frères seront tués, à la libération où elle fut tondue et bien pire encore, puis au geste qui lui vaudra la prison : le meurtre de son ex-fiancé Félix. En creusant les liens familiaux, source de tous les comportements ultérieurs, Jean-luc Seigle détaille la complexité d’une personnalité et réalise un véritable plaidoyer (réussi) contre les jugements moraux, si dépendants d’une époque et de ses contingences. Pour autant, et sans que la qualité du roman et de la plume soient en cause, le sujet ne m’intéressait pas beaucoup – « les grandes affaires criminelles » ne m’ont jamais passionnée – et ma lecture a été un peu appliquée et laborieuse. Clara, en revanche, y a plongé corps et âme. A noter que Philippe Jaenada signe avec « La petite femelle » (paru hier) sa propre version de Pauline Dubuisson.

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