Boublil

Body blues un secret –  Elsa Boublil

L’Iconoclaste, 2015, 120 pages

Elle avait six ans, elle venait tout juste d’apprendre à lire et à écrire alors le rabbin lui donnait des cours de Talmud Torah en la faisant chanter – et dans une autre pièce parfois. Fermée. Un peu plus tard, elle prenait le premier cours (8 h) de clarinette, le professeur débutait les séances par des chatouilles. Ca continuait une fois les parents partis. Une chape d’oubli sur le premier fait, une honte et une grande colère sur le deuxième. Dix-huit ans de psychanalyse (18 ans !). Une sévère hypocondrie (ou tout le temps malade). Des angoisses et une anxiété qui pourrit tout. L’insoluble difficulté pour dire. Raconter. Et puis, l’amour. Philippe qui entre dans sa vie. Qui lui dit raconte, écris-le. Alors Elsa Boublil écrit, tout en pudeur, par tableaux. Par moments. Les nuits, le jazz, les repas, boiter, le quotidien, Oma, la radio. Des instantanés délicats, en retenue (ça m’a évoqué Valérie Mréjen) en mots choisis, triés, qui racontent ce qu’est un traumatisme et comment on n’oublie jamais (même si on s’en sort). Un récit digne.

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