Busquets

Ca aussi, ça passeraMilena Busquets

Gallimard, du Monde Entier, 2015, 176 pages

Traduit de l’espagnol par Robert Amutio (Tambien esto passara, 2015)

Blanca est une grande fille toute simple : quarante ans, deux fils de deux précédentes unions, des amies, des amis et plus si affinités. Elle vient de perdre sa mère et même si elle est très entourée, le monde s’écroule pour elle – à jamais. Sa mère était à ce point tout pour elle qu’elle déambule depuis, ni tout à fait là ni complètement absente. C’est l’été, tout le monde se retrouve dans la maison familiale au bord de la mer. Comment fait-on son deuil ? Blanca a sa façon à elle, faite de sexe, de vin blanc très frais, de flirts innocents (ou prometteurs) et de plâtrées de moules après un bain glacial. Tout comme elle aime édicter des sentences à visée profonde (« Ce que nous pensons n’est pas si important que ça, c’est ce que nous voyons qui compte »), tout en balayant comme mesquin tout ce qui pourrait – même de loin – lui porter ombrage. Son ex-compagnon ne veut pas reprendre la vie commune ? Beaucoup trop rigide, de toute façon, hier soir il a tiqué parce que les garçons dînaient de trois crêpes au chocolat. Sa copine prend mal son flirt avec son amoureux ? Mais c’est ça, l’amitié, c’est tactile, elle embrasse quand même qui elle veut, non mais. Tout est sur ce mode, qui s’aimerait léger, aérien, sans conséquences, une espèce d’allégorie du dandysme, la politesse des esprits vraiment libres, et le charme est présent, il n’y a pas de doute à ce sujet; le corollaire étant un manque de substance qui fait qu’on est parfois à la limite du désintérêt – en tout cas je l’ai été.

Beaucoup plus séduites : L’Irrégulière, Clara, Cathulu, Framboise, Nicole, …

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