Wolitzer

Les IntéressantsMeg Wolizer

rue Fromentin, 2015, 564 pages

Traduit de l’anglais (Americain) par Jean Esch (The Interestings 2013)

Dans les années 70, ils se rencontrent dans un camp d’été dédié aux arts. Pour Julie, qui vient de perdre son père et étouffe auprès de sa mère et de sa soeur éplorées, ça a tout de suite une importance démesurée : ses nouveaux amis lui semblent la révéler à elle-même, ils la trouvent drôle, ils sont beaux, riches, brillants, tout ça a l’ampleur disproportionnée de quelqu’un qui se raccroche à quelque chose. Mais ça dure ! Les années passent et cette amitié résiste. Elle a pourtant son lot de petites et grandes vicissitudes qui viennent l’éprouver, mais ce qui a éclos à quinze ans sera toujours là, intact, la cinquantaine venue… « Les Intéressants » est un gros roman sur l’amitié et ses frontières mouvantes, et il est attachant (*ce n’est pas le cas de son collage qui m’a littéralement explosé entre les mains et ce n’était pas super pratique de chasser les feuilles volantes qui n’arrêtaient pas de s’échapper). C’est agréable de retrouver années après années ces amis new-yorkais et de naviguer entre féminisme, théâtre, richesse de folie, ceux qui tirent le diable par la queue, les jalousies honteuses et les enfants à problèmes – on se sent un peu triste, quand ça s’arrête, on aurait aimer aller jusqu’au bout et encore plus loin, se mettre à suivre les enfants etc. Un côté saga très prégnant, donc, avec les inconvénients inhérents : on survole beaucoup, on s’arrête peu pour décortiquer, chaque élément incarne son lot de problème/solution et donc ça finit par être un peu chargé, tout de même (maladieS, emprise sectaire, viol, drogue (sur enfant !), délit de fuite, autisme, sida, j’en passe), et en dehors de Jules (l’héroïne), les personnages sont à la limite de l’esquisse. Mais si vous aimez le genre de la saga, ça fonctionne pas mal du tout.

Elles disent oui : Clara, Isabelle,

Elle dit non : Papillon. (Et c’est intéressant de souligner l’impression qu’elle a retiré de cette lecture : que l’argent était le moteur (en gros), tandis que moi c’est plutôt la passivité qui m’a agaçounée.)

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