« Quelle horreur d’être incapable de se faire comprendre, ai-je pensé. De ne jamais être entendu. Peut-être est-ce pour cela que nous écrivons ? Qu’Alice tenait un journal intime ? Elle avait magnifiquement exprimé cela un jour en disant que cela ne revenait pas à se lever en hurlant « Regardez-moi ! », mais plutôt à se dresser dans la foule en criant : « Ecoutons-nous !« 

TR Richmond

Ce qu’il reste d’AliceT.R. Richmond

Calmann-Levy, 2015, 416 pages

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Pascal Loubet (What She Left, 2015)

Alice, 25 ans, journaliste, meurt. On retrouve son corps dans la rivière, noyade. Les tabloïds anglais se jettent sur cet évènement tragique et les spéculations montent en buzz : accident, suicide, meurtre ? La toile bruisse. Elle était harcelée. Avec son petit ami c’était compliqué. Elle aimait trop picoler. Alice n’était pas n’importe qui pour Jeremy Cooke, universitaire à deux doigts de la retraite et accessoirement condamné par un cancer de la prostate. Il entreprend alors de mener l’enquête, par le biais d’un livre qu’il lui consacre pour et dans lequel il collecte patiemment la plus infime trace de sa vie numérique et médiatique… Un roman qui ferre rapidement son lecteur tout en l’agaçant quelque peu par sa construction : c’est un savant labyrinthe dont les éléments s’imbriquent en se répondant à distance. Il faut suivre, être attentif, on finit toujours par obtenir le document dont il a déjà été fait mention des dizaines de pages plus tôt. Cela donne évidemment une compréhension a posteriori mais là n’est pas l’important. Ce qui est fortiche, à mon sens, c’est la manière dont nous sommes perpétuellement aiguillés vers des chausse-trappes : j’ai cru tout et son contraire quant au fin mot de l’histoire mais n’ai jamais soupçonné la vérité. Prenant ! (Premier roman.)

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