Cusset

Une éducation catholique Catherine Cusset

Gallimard, collection blanche, 2014, 144 pages

J’ai déjà lu Catherine Cusset*  et n’en ai ni un grand souvenir, ni de vraies réserves, aussi et-ce bien une réelle déception que son Education catholique : j’ai trouvé ça, pour le moins, foutraque. le prétexte religieux est évacué en 1/8° des minces 144 pages puis nous avons droit à la rengaine « hou que je suis mauvaise », sans qu’elle ne batte jamais puissamment sa coulpe. La Marie fictionnelle propose de prendre sur elle tous les travers de la Catherine aux commandes mais s’arrête toujours aux contours, ne creuse rien, ne soigne pas les enveloppements et je me demande bien qui peut réellement ressentir quoi que ce soit en lisant des lignes aussi tièdes et fades. Oublions.

Bon billet chez Galéa.

* Confessions d’une radine (lu en 2004) : Hum…. pas évident de résumer mes impressions face à ce roman. Et d’ailleurs roman n’est pas le bon terme, car ici Catherine Cusset tente de se livrer, comme si en dévoilant noir sur blanc ses petites bassesses elle s’en dédouanait… Sans doute est-ce pour cela qu’elle n’a pas choisi le biais de l’humour… Alors ça se lit bien, très bien même. Le style est incisif, les anecdotes pullulent en mots brefs et concis. L’auteure elle-même est très sympathique dans ses diverses interventions télévisées, a beaucoup de charme et s’exprime très bien. Mais sorti de là, rien. Pas d’analyse en profondeur, pas de conclusions tirées, pas d’éléments contrebalançant l’étroitesse des pensées de Madame… Ce qui fait que c’est un peu facile, tout ça ! Regardez comme je suis, voilà, merci, au-revoir…. Donc pour moi c’est totalement inabouti.

Un brillant avenir : Un brillant avenir nous entretient essentiellement de deux femmes, que tout oppose, mais que réunit l’amour d’un homme : Alexandru.
Tour à tour, et en passant de 1941 à 2006, après avoir débuté par 2003 (mais rassurez-vous, on suit très bien !), se succèdent les moments marquants de leur vie.
Elena, d’abord, de Bessarabie en Roumanie, puis en Israël, un petit moment en Italie avant les Etats-Unis, son rêve américain qui est d’offrir à son fils « un brillant avenir », lui ouvrir toutes les portes, un pays libre, de hautes études (« On a toujours besoin d’un doctorat »). Et puis Marie quand elle arrive dans la vie de son fils, Marie la française qui laisse traîner ses kleenex sales, qui dort comme une marmotte, l’intellectuelle, bardée de diplômes.
Ce n’est pas pour autant une systématique opposition entre ces deux femmes, c’est plus simple et subtil que ça.
Helen est une femme brillante (physicienne nucléaire), qui a du se battre toute sa vie, pour tout : épouser Jacob, fuir un pays étriqué et étouffant, douter de sa véritable histoire, offrir à sa famille la sécurité et la liberté. Elle se sent menacée très vite, par tout, de façon sans doute démesurée mais compréhensible. Marie le comprend très bien, d’ailleurs. Mais elle est tellement différente, avec ses racines françaises, son éducation privilégiée et son naturel désarmant, que les rouages grincent assez vite et très fortement…
C’est un roman vraiment très réussi qui cache sous ses dehors lisses plus de profondeur qu’il n’y parait. Par petites touches qu’on devine totalement vécues, Catherine Cusset nous attache de plus en plus fermement à son intrigue. Au départ, on se dit qu’on le dévore parce que c’est bien ficelé, mais que le style est vraiment basique. Et puis on se rend compte que la narration parvient à ne jamais juger personne, à exposer dans leurs failles et une certaine laideur avérée des personnages qui ne sont plus du tout de papier, mais bien debout et vivants devant nos yeux.

« La mort emmerde les gens, Charlotte, et le suicide encore plus. Sache-le : tout le monde s’en fout. »
Indigo : Il me semble que les différents avis picorés ici ou là au moment de la parution étaient mitigés, et je peux en comprendre les raisons : Indigo n’est pas un bon roman, dans le sens où il se passe trop de choses. Ca a quelque chose de la rédaction en primaire, quand l’imagination semble seule pouvoir prétendre à une quelconque valeur. Non, il n’était nul besoin de telles péripéties en cascade (incendie, noyade, attaque canine, la liste n’est pas close), alors que le propos et les caractères étaient justes. On est en Inde pour un colloque autour de la littérature (culturel plutôt). Les participants qui ont accepté de venir l’ont tous fait pour des raisons très personnelles. Passer quelques jours ensemble (ils ne se connaissent pas, ou presque) dans un pays très différent du leur, sans repères, comme fragiles face aux éléments extérieurs va, à tous, leur apporter quelque chose, ne serait-ce que cette très chouette idée (bien développée, en plus, à mon avis), du décentrage. Non, tout ne se rapporte pas à soi et on peut apprendre, (Charlotte a du mal), à tout âge, à exercer sa raison et à prendre du champ. Prendre un peu de large, c’est à mon sens ce que propose ce roman que j’ai trouvé au final réussi, charmant, entraînant, ne serait-ce que pour la plume décidément vive et précise de Catherine Cusset.

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