(Je me souviens du scoubidou. Georges Perec)

« Je constatais que je ne ressemblais à personne et que personne ne me ressemblait. Je me disais : « Je suis seul, tandis qu’eux, ils sont tous ! ». Dostoïevski

Klein

En cherchant Majorana (Le physicien absolu) Etienne Klein

Editions des Equateurs / Flammarion 2013 & Folio 2015, 198 pages

Il m’est arrivé de dire qu’autant j’aimais écouter Etienne Klein, autant le lire m’était pénible, ce livre est la preuve éclatante du contraire. Parce qu’en retraçant pour un lecteur néophyte la vie et l’oeuvre d’Ettore Majorana, il parle également beaucoup de lui, et parvient à transmettre toute la gamme des émotions qu’il a ressenties. Par exemple la toute première fois où il est en contact avec le nom seul de Majorana, il est persuadé que c’était sur un panneau dans une rue du CERN : or, il n’y a pas et n’a jamais eu de rue Majorana au CERN; sans doute est-ce Victor Weisskopf, qui leur donnait cours sur la physique des particules, qui en avait parlé. Mais le décalage entre ce dont il se souvenait et ce qui a dû se passer résonne pour lui comme un signe, encore un, participant au mystère qui entoure Majorana. Ettore Majorana, donc, un être absolument hors norme, d’une intelligence hors catégorie et doué d’une capacité d’abstraction totalement unique. Mais un homme peu armé pour la vie tout court, qui n’a pas manqué non plus de s’égarer (propos antisémites à propos desquels Etienne Klein déclare sobrement : « Mais je ne peux pas faire comme si je ne savais pas ce que je sais.« ) Un livre passionnant, qui se lit très agréablement et facilement, même si j’avoue avoir fini par survoler les passages relatifs à la physique pure, certes didactiques et vulgarisés, mais quand même nombreux.

Publicités