« Une nouvelle couche d’antipathie s’ajouta à la précédente – presque assez fine pour rester invisible, mais pas tout à fait. Non, pas tout à fait.« 

King

Mr MercedesStephen King

Albin Michel, 2015, 474 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Océane Bies et Nadine Gassié

J’ai un petit peu tardé pour lire ce roman de Stephen King, alors même que je l’avais acheté lors de sa parution en vo (puis réinvesti lorsque la parution française est sortie, par pure paresse), un petit peu refroidie par le pitch et les avis aperçus ici et là (en gros, un polar pépère, rien d’effrayant ni de surnaturel) : erreur ! J’ai été dedans immédiatement, ne cessant de me réjouir du plaisir éprouvé, gloussant de voir le King se mettre à utiliser l’idée qu’il se fait des geeks, allons-y pour les Iphone et les Mac et les mots de passe et tout ça, tout en assurant les bases : c’est marrant ce marchand de glaces ambulant, délicieusement anachronique (d’ailleurs, ça a beau se dérouler en 2010, on visualise 1980, hormis la technologie). Il y est question d’un inspecteur de police à la retraite qui va se mesurer à un taré d’envergure, revenu l’asticoter. L’identité du vilain nous est vite révélée, le suspens est ailleurs : dans leur affrontement épistolaire, dans les surprises que chacun nous réserve, dans les prolepses qui sont volontiers exagérées. Le « boum » final m’a littéralement aspirée, arrivera, n’arrivera pas, je ne savais vraiment pas, et c’était abominablement étiré (c’était super !). Alors d’accord, on a du mal à adhérer à la love story et les acolytes sont trop adéquats pour être vraisemblables, mais ça n’a rien gâché, pour moi au moins.

Très bon billet de Gruznamur.

J’aime toujours le petit mot de l’auteur à la fin :

« Mes remerciements pour leur assistance à la recherche vont à Russ Dorr et Dave Higgins. Egalement à mon épouse, Tabitha, qui en sait plus sur les téléphones portables que moi, et à mon fils, le romancier Joe Hill, qui m’a aidé à résoudre les problèmes pointés par Tabitha. Si tout est juste, dites merci à mon équipe logistique. S’il y a des trucs qui clochent, c’est moi le coupable : j’ai pas dû bien piger.« 

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