« I’m not one of those writers who knew, from the time they were young, that they wanted to be a writer. I wanted to be slim.« 

Brett

In Full ViewLily Brett

Picador, 1997, 355 pages

Ce livre est un recueil de plusieurs petits textes que Lily Brett a écrit sur différents sujets (dans l’ordre : vieillir, sa fille, le sexe, New York, son corps, la nourriture, la mort, l’amour, l’écriture) lorsqu’elle avait une cinquantaine d’années et dans lesquels elle raconte beaucoup d’elle et des proches, en revenant sans cesse à ses démons familiers. Etrangement, ces répétitions, loin d’impatienter le lecteur l’entraînent au contraire dans un cercle de familiarité et lui font expérimenter ce qu’ont été les nombreuses années d’analyse (dont elle parle aussi). Lily Brett, donc, est née peu après la seconde guerre mondiale dans un camp de transit, en Allemagne. En 1948, ses parents (tous deux juifs polonais et rescapés d’Auschwitz) ont émigré en Australie et du jour où ils y ont posé le pied ils n’ont plus parlé que l’anglais. Ce qu’elle a appris de leur bouche des atrocités qu’ils avaient vécues était donc raconté d’abord avec une grande pudeur (donc jamais beaucoup de détails) et ensuite dans une langue qu’ils n’ont jamais parfaitement maîtrisée, d’où un sentiment de violence encore accru, quelque chose d’abrupt, de peu clair (d’où sans doute aussi l’extrême importance qu’elle accordera par la suite aux mots et aux langues). La vie de Lily Brett est abondamment transposée (parfois à peine) dans ses romans, nouvelles et poèmes, quand on l’a déjà lue un peu on retrouve parfaitement Lola Bensky, Ruth Rothwax ou les mille et une petits et grands évènements de leurs vies, mais on ne se lasse pas, jamais, de cette personnalité tourmentée, si tendre, drôle et tragique à la fois.

« From the girl who once thought she’d cure herself of an addiction to Mars Bars by eating as many as she liked – I ate twenty-five in one day, and the feeling that I never wanted to see another Mars Bar lasted two days – I’ve turned into a person who eats three well-balanced meals a day.« 

« People who’ve lost their minds bother me. They frighten me. Sometimes I feel separated from them by only a thin thread. »

« When I stop writing, I return to my fearful, cautious, self-conscious self. When I am asked to read from my work, I have a problem. I can’t read a lot of what I write. Not out loud, anyway. I can’t read anything that is too sad or I start weeping. I can’t read anything that is about my mother, or the same thing happens. I can’t read anything to do with sex or bodily fluids. That’s leaves me with just the funny bits, and it’s hard to read them without laughing.« 

« Yiddish is such an affectionate language, full of diminutives, caresses and love. It is also a langage of concerns. In German or Italian or Spanish phrase books you find phrases like, ‘How long does the train stops here ?’ and, ‘I would like an omelete’. In Yiddish phrase books, you can learn how to say ‘My parents aren’t well’ and ‘What’s wrong with them ?’, and to answer, ‘They have heartaches from their children’.« 

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