« Habituellement, je mets du Cohen à la tombée de la nuit. Sa musique se marie bien avec ce qui est fragile et précaire, avec ce qui meurt. »

Nouvelle Couverture Le Chat

Le chatDanielle Pouliot

Art Global, 2011

C’est l’histoire de Viviane, à Montréal, qui apprend un jour la mort de son père (pas vu depuis quinze ans). Son premier réflexe est de refuser de s’occuper de quoi que ce soit, mais son frère (absent du pays) doit impérativement signer lui aussi le formulaire de désistement. Alors en s’exerçant à imiter sa signature, elle change d’avis, et se voit ainsi entraînée dans une quête de sa propre histoire… S’il n’est jamais facile de se construire « contre » un père maltraitant à tous les niveaux, connaître les raisons qui ont sans doute contribué à le rendre tel qu’elle l’a connu égratigne encore plus. En usant de tours et de détours (tous plus charmants les uns que les autres), Viviane avance et intègre le lecteur dans la richesse de son univers. Elle travaille la lumière, sait merveilleusement bien en parler, elle aime les chats, se remet difficilement d’une rupture, traque les petites choses chez les gens qui lui permettent de les aimer (comme lorsqu’elle fait des photos, elle aime le détail)… Un roman douillet. Merci Yue Yin !

« Je n’ai pas encore répondu à sa lettre. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque. Je pourrais réagir à chacune de ses phrases par une méchanceté. Elles sont là, rangées dans ma tête telles des balles dans le barillet d’un revolver. Je pourrais aussi lui écrire que je m’ennuie de lui. Ce qui est également vrai. Je sais que certaines victimes s’attachent à leur agresseur. Je suis restée attachée à Gabriel. A quelques souvenirs heureux. A son sourire certains matins. A son épaule qui était mon pays. Mais je ne le ferai pas. Je ne lui dirai pas qu’il me manque. Je ne lui ferai pas cadeau de mes espoirs ni de mes douleurs. Je ne partagerai pas avec lui le secret de cet amour résiduel qui me réveille la nuit et m’oblige encore à me battre contre les vagues cherchant à noyer ma vue. J’ai accepté de vivre avec cet espace vacant en moi.« 

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