« Y a des choses pour lesquelles on ne peut pas s’excuser, répondit Hattie. La seule solution, c’est d’essayer de les laisser de côté. »

Hattie

Les douze tribus d’HattieAyana Mattis

Gallmeister, 2013, 320 pages

Traduit par François Happe

De 1925 à 1980, nous suivons la vie d’Hattie et de ses douze enfants. Débarquée à seize ans de sa Géorgie natale, elle s’installe à Philadelphie et fait face. Ca pourrait se résumer à ça, faire face, à ses choix d’abord (son mari, Auguste, volage et inconséquent) (« Depuis le moment où j’ouvre les yeux le matin jusqu’au soir où je me couche, tu me rends malheureuse. Alors penses-y avant de m’insulter. »), à son amant (guère mieux), à ses enfants, enfin et surtout. Concentrée toute sur leur survie, elle est forcément faillible sur d’autres plans, et il faut bien dire qu’elle n’a guère de chance. En égrenant les années qui passent, en se concentrant sur tel ou telle de sa descendance, c’est Hattie encore et toujours qui est dessinée en creux. Un premier roman dont la qualité première est sa facilité de lecture, la manière dont chaque univers et période saisissent immédiatement le lecteur par la main. Une vie rude et austère constellée de malheurs, mais une narration douce et prenante. Pas mal.

«J’aimerais tenir Lucille dans mes bras et sentir son coeur battre et voir son âme transparaître dans son regard. Mon écriture est griffonnée et irrégulière; cette lettre ne paraît pas avoir été écrite par un  homme digne d’être père. Ce que j’ai écrit est ampoulé et insuffisant. Ce que j’ai envie de dire, c’est essayons de former une famille. »

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