Bird BoxJosh  Malerman

Calmann-Levy, collection Orbit, 2014, 372 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sébastien Guillot

Malerman

Ca commence en Russie, quelques cas isolés de personnes qui connaissent de brusques explosions de violence, avant de la retourner contre eux-mêmes. Aux Etats-Unis, on observe ça avec curiosité et quelque crainte, au départ. Lorsqu’un cas se fait connaitre en Alaska, on devient un peu fébrile, hou mais c’est les States, ça, ils en disent quoi aux infos ? Et là, c’est déjà trop tard, chaos. Ce qui se passe, on n’en sait rien, en réalité. Ce que c’est, pourquoi, d’où ça vient, y a-t-il moyen de se protéger, qu’est-ce que ça veut ? Mystère. Mais c’est là. Dehors. Quelque part. Et un seul regard suffit… Imaginez une créature dont on ignore tout (qu’on nomme « créature » par défaut) qu’il ne faut absolument pas prendre le risque de regarder. La majorité de la population se fait décimer plus vite qu’on ne peut le raconter, et des poches de survivants s’organisent (plutôt mal que bien). Parmi eux, Malorie, qui entreprend de nous raconter son présent (elle cherche à rejoindre une communauté organisée, en barque, les yeux bandés, avec deux enfants en bas âge) et la montée de l’horreur, depuis l’arrivée des créatures, en alternance. Si elle a dû survivre seule avec les enfants ces quatre dernières années, et leur apprendre à entendre sans jamais voir, leur naissance a eu lieu au milieu d’amis, qui, s’ils ont finalement failli, ont auparavant résisté de belle manière.

Ouch ! Un premier roman ultra addictif qui fait bien, bien peur. D’une efficacité totale, c’est flipette à tous les étages et certaines scènes sont terriblement impressionnantes (je ne vais pas me remettre du suicide par incrustation de liens). C’est angoissant, oppressant, ça avance au rythme exact que l’on peut supporter (on veut ne jamais le finir et ne jamais l’avoir commencé en même temps et que ça progresse vite et que surtout aussi ça prenne son temps, bref, on vit le truc), et de toute évidence l’épilogue appelle une suite, que j’attends les yeux fermés sous 97 bandeaux opaques triple épaisseur.

Un roman de genre (SF, Post-apo) très réussi, que Sandrine a également aimé.

(En plus, la dédicace est : « Maman, c’est pour toi que j’ai écrit Bird Box » et je dis voilà, ça c’est bien, à Fiston (18 ans) tandis que je débute ma lecture – c’est juste après que l’on ait regardé « Le Mur invisible » ensemble et il rit : « Très bien, j’en prends bonne note, déjà tu me fais voir un film que si t’es dans une période « Pourquoi la vie » c’est bon, tu peux écrire une thèse, maintenant tu veux que je te dédicace un roman d’horreur, ok, bonne nuit maman » ;)))

Publicités