Le complexe d’Eden BellwetherBenjamin Wood

Editions Zulma, 2014, 512 pages

Traduit de l’anglais (UK) par Renaud Morin (The Bellwether Revivals)

Wood

C’est l’histoire d’Oscar, un jeune anglais en rupture avec sa famille et son milieu modeste, aide-soignant dans une maison de retraite qui tombe amoureux d’Iris Bellwether, une étudiante en médecine. Nous sommes à Cambridge et partout règne cette effervescence intellectuelle propre aux villes de campus universitaires. Oscar est intelligent, autodidacte, très attiré par les choses de l’esprit, et en même temps empli de cette naïveté qui fait accepter à peu près n’importe quoi pourvu que ce soit exprimé avec assurance. Iris le fait entrer dans son petit cercle, familial d’abord, autour duquel gravite une bande d’amis d’enfance qui place son frère, Eden, sur un piédestal. A sa demande, il va mener une sorte d’enquête destinée à établir la maladie mentale dont souffrirait Eden…

Voici un premier roman qui a très vite rencontré un grand succès, et le fait est que sa lecture est très fluide et agréable : on ne voit absolument pas les 512 pages passer, il y a quelques passages remarquables (j’ai beaucoup aimé les deux lettres (et regretté qu’il n’y en ait que deux !), les extraits des livres d’Herbert Crest et l’ambiance générale. Pour autant il y a quelques petites choses qui grippent un peu, des enchaînements pas très fluides, une trop grande prévisibilité et un manque d’incarnation (c’est-à-dire que j’ai eu du mal à croire à la relation amoureuse, elle reste très éthérée, ou à cerner véritablement les parents, par exemple). Pourtant, l’atmosphère est des plus réussies et le sujet principal, les personnalités narcissiques, est suffisamment fascinant pour donner envie de connaître le dénouement (bizarres les dernières pages, précipitées), et puis les orgues, tout le baroque qui menace perpétuellement de jaillir au premier plan, le mystère brumeux qui entoure le psy et le vieux monsieur, la semaine hors du temps avec les pique-niques en barque, tous ces petits éléments sont terriblement délectables et assurent un réel plaisir au lecteur.

Je vais le dire autrement : une histoire avec des défauts mais la présence d’un vrai conteur, qui s’y entend pour les faire passer au second plan.

Auteur à suivre !

Les avis de : Cachou (Merci !), Sandrine-Ys, Yves, Papillon, …

 

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