La fréquentation des à-picsCatherine Charrier

Kero, 2013, 224 pages

Charrier

Parce que j’ai beaucoup aimé « L’attente« , j’avais très envie de découvrir la plume de Catherine Charrier dans l’exercice de la nouvelle, et ce recueil de dix-huit textes (parfois de simples vignettes) m’a beaucoup intéressée. Elle nous livre son intention en préalable, saisir une situation sur le pivot d’une prise de conscience, le minuscule moment ou détail qui vient brusquement remettre en perspective l’ordre des choses, l’oscillation à partir de laquelle, peut-être, rien ne sera plus comme avant. Les textes sont de plusieurs natures et époques, et tous ne m’ont pas séduite. Mais tous explorent les facettes de ce qu’est la condition féminine, et il y a une vraie et pure pépite : « La charité« . Sept pages absolument parfaites, ciselées, que j’ai lues à haute voix et chaque mot se place avec justesse. Une petite fille de dix ans, à Alençon, en 1971, qui va apprendre deux leçons de vie importantes , une conversation le soir après l’étude, entre la maîtresse et sa mère, sur les bancs de son école. Un moment charnière, très simple, profond, fondateur. « Pas de témoin » m’a également saisie, illustration de ce petit quelque chose sur lequel il est si difficile de poser un mot précis, prescience ?  Intuition ?  Avertissement – mais de qui ?, pourquoi parfois fait-on quelque chose à un moment donné ? « Le trottoir du palais » dépeint également très joliment la détresse sans drama ni pathos du jour où le divorce est prononcé. A noter la citation inaugurale du recueil, j’aime bien la prudence de l’auteur quant à la traduction.

Desdemona

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