Le duelArnaldur Indridason

Métailié (collection Noir) 2014, 309 pages

Traduit de l’islandais par Eric Boury (Einvigio, 2011)

Indridason

Nous sommes en 1972 et c’est de Marion Briem que nous allons faire connaissance, à une époque où elle était déjà telle qu’on l’entraperçoit plus tard dans les enquêtes d’Erlendur (qui fait son apparition en extrême dernière ligne, tout jeunot et déjà désespéré) – c’est-à-dire futée, douée d’une mémoire prodigieuse, fumant comme une cheminée et farouchement solitaire, avec beaucoup de mal à accorder sa confiance (et quelques erreurs de jugement) – mais encore tendre, avec encore l’envie d’y croire, quel que soit ce que l’on place dans le « y ». « Il est plus facile de croire en Dieu quand on sait qu’il n’existe pas« , cite-elle dans une de ses lettres à la seule personne qui se soit jamais réellement soucié d’elle (provoquant une perplexité de longue durée), et comment ne pas comprendre cette Marion qui a dû affronter bien des choses avant de pouvoir obtenir un relatif confort de vie. La tuberculose, dans les années 70, ne se traitait qu’avec des moyens carrément barbares (l’ablation des côtes !…) et être la bâtarde de la bonne était une disgrâce à vie. Bref, avec quelques incursions dans le passé nous assistons ici à une enquête sur la mort d’un adolescent, poignardé dans un cinéma alors que Reykjavik s’affaire autour du championnat du monde d’échecs. Russes, américains, guerre froide, enjeux économiques et descriptions toujours passionnantes de la société islandaise, on ne chôme pas dans ce roman qui se dévore, comme tous ceux d’Arnaldur Indridason, d’ailleurs. L’avis de Clara.

 

 

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