« Absences » – Alice LaPlante

Robert Laffont 2012 et 10-18 2014, 399 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Daphné Bernard (Turn of Mind 2011)

Absences

Le hasard m’a fait acheter au même moment deux romans au thème identique, « Absences » d’Alice LaPlante et « L’oubli » d’Emma Healey, mais seul l’un d’entre eux m’a tenue jusqu’à son épilogue. En effet, si le traitement est très similaire (une vieille dame atteinte d’Alzheimer est suspectée de meurtre et la narration se déroule au plus près de son esprit sautillant, de souvenirs en égarements), Emma Healey, en souscrivant aux codes du thriller en fait un peu trop à mon goût (et paradoxalement insère une sentimentalité qui m’a semblé mièvre), et l’ayant abandonné en son milieu je ne donnais pas cher du sort d' »Absences » : je n’ai pas lâché l’intrigue d’un pouce. Parce que Jennifer White est une héroïne vraiment attachante, qui nous donne à explorer les différents âges de la féminité (ce qu’elle dit de la période 40-50 ans est effroyable) et que si sa démence progresse à une vitesse redoutable, l’efficacité de ses neurones, qu’elle a toujours sollicités bien plus que son coeur (elle était chirurgien orthopédique) la rend très intéressante. Son univers, sa famille pour le moins atypique, son amie tranchante et le suspens entretenu sur le fait qu’elle soit coupable ou non, tout contribue à nous faire tourner les pages avec appétit.

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