« Zone 1 » – Colson Whitehead

Gallimard, Du Monde Entier, 2014, 338 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin (Zone One, 2011)

Whitehead

Nous sommes à New-York, « après ». Ce qui s’est produit est appelé « la peste », brutalement et très rapidement tout s’est arrêté, tout le monde est mort et s’est transformé en zombie, en perpétuelle traque de vivants à dévorer. Tout le monde ? Non. Une petite poche de survivants a été épargnée, au hasard des lieux. Une poignée, quelques-uns, sans que l’on sache pourquoi ni comment, réellement. Ils tentent de s’organiser, de reprendre des zones à la peste, de sécuriser quelques rues, en dressant un mur gardé et protégé et en traquant dans les enceintes les « traînards », autre incongruité restante (des gens qui ont buggé, qui sont figés dans un moment de leur vie, même morts). Parmi ceux qui restent, personne n’est sain d’esprit, tout le monde compose avec son propre syndrome de choc, et on suit de près Mark Spitz, l’homme qui s’en sortait par son côté « moyen ». On apprendra la raison de ce surnom et lentement il nous dressera un panorama détaillé et complet de la situation : sans issue.

Un roman particulièrement intéressant en sa dichotomie : d’un côté, un thème ultra classique et déjà largement exploité, de l’autre, un traitement sérieux et en profondeur. Clairement, on n’est pas rivé aux pages en raison d’un suspens, d’une frayeur ou de l’originalité, mais plus on avance et plus tout prend sens, on ne cesse de se sentir impliqué et de dérouler soi-même, par avance, les implications diverses et variées. C’est d’un pessimisme achevé, c’est pénétrant, prenant, et la lenteur du rythme et le temps nécessaire pour se sentir « au fait » du truc permettent par rebond une vraie ramification, en tout cas je me suis sentie complètement impliquée, et je l’ai terminé le coeur gros, vraiment.

C’est SBM qui m’a donné envie.

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