« Question niaiserie, Guitte n’était pas regardante – ceux qu’aiment pas, disait-elle, ils y comprennent rien.« 

Velut

« festival » – Stéphane Velut

Editions Verticales, 2014, 172 pages

Première phrase : « La mère, ça l’avait contrariée son idée.« 

Dernière phrase : « Mais qu’est-ce qu’ils croient, les gens.« 

Le ton est donné, entre les deux, c’est bel et bien un « festival« , et on se régale. L’histoire est très triste, en fait, une famille de peu, avec ses propres codes et sa débrouillardise solidaire, des pleu-pleu de première classe, qui ne s’embarrassent pas avec une quelconque morale et ne sont tout simplement pas armés pour entamer un début de réflexion. Ca ne donne pas grand chose de valable, forcément, mais même quand on assiste au pire il est bien difficile de les condamner, tant leur ignorance, au fond, les décale. Il s’agit de faire un gros coup au Festival de Cannes, ils squattent plus ou moins un mobil-home dans un camping abandonné, il y a un ersatz de plan et des roses, Nicole Kidman qui est drôlement capricieuse, dis-donc, Meert qui évoque le Coffey de La Ligne Verte, Hélène chérie et ses dents de l’enfer, Flink et sa mère (et Solange !) et tout leur background. La plume est entraînante comme jamais, gouailleuse mais pas trop (il paraît que des alexandrins se dissimuleraient même plus ou moins), ça fonce, ça pétarade mais le cap est toujours maintenu. Vitaminant.

 

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