« Qu’est-ce qui la rendait dingue ? La distance entre nous ? Mes paradoxes ? L’inadéquation de ma passion avec ce que je suis ? Ce qu’elle croit que je suis. Mais que sommes-nous ? La vie que nous menons ? Celle que nous rêvons ? Ou nos petits actes inutiles et quotidiens ? Est-ce qu’on change ?« 

Davrichewy

« Quatre murs » – Kéthévane Davrichewy

Editions Sabine Wespieser, 2014, 180 pages

Alors voilà, il faut vendre la maison familiale où la fratrie a grandi. Ce n’est pas facile, même à la quarantaine. Deux ans plus tard, tout le monde se retrouve en Grèce où l’aîné vient d’acheter une maison. Chacun(e) prend un chapitre et raconte, les jumeaux ensemble, dans un dialogue remuant, de nuit, sur le bateau qui traverse la mer Egée… Un roman enthousiasmant aussi abouti qu’incisif ! D’abord parce que la narration est subtile, elle fait merveilleusement écho à l’entrée d’Anna Karénine (Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon) en nous distillant lentement et savamment les secrets (petits ou très grand) qui ont éloignés ces quatre frères et soeurs les uns des autres, et si on pourrait – si on avait mauvais esprit – les trouver un chouïa excessifs, les petits éclats de phrase qui surgissent sans cesse prendraient vite le dessus : je défie quiconque de ne pas se reconnaître à un moment ou à un autre, tout en étant plongé dans un environnement totalement étranger. Et c’est là aussi la grande réussite de ce roman (je le dis d’autant plus volontiers que c’est le premier roman de Kéthévane Davrichewy que j’apprécie, mais pas que je lis), il est empli de saveurs, d’odeurs, de sensations très communicatives et chaque scène prend immédiatement vie et couleurs dans la tête du lecteur. Un vrai plaisir.

Les avis de : Jostein, Clara, Luocine, …

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