« Griffintown » – Marie-Hélène Poitras

Editions Phébus, 2014, 171 pages (éditions Alto 2012, Prix France-Québec 2013)

Poitras

« Un western poétique » annonce avec une grande justesse la 4° de couv, et un très bon encore : en plongeant le lecteur dans l’univers complètement anachronique (et pourtant immuable) d’une petite boite de calèches en plein Montréal, ce roman laisse flotter une petite musique vraiment séduisante. On entrecroise le regard des novices comme la jeune Marie, qui postule pour être cocher (cochère ?) parce qu’elle aime vraiment les chevaux et que ça lui permettra de les côtoyer en pleine ville le temps d’un été, et des vieux briscards comme Billy, qui depuis des lustres ne quitte même pas les écuries quand l’hiver fait cesser l’activité. Tout, dans ce roman, est en opposition constante, et du choc de tous ces paramètres différents (époque, ambiance, codes de conduite, etc.) nait paradoxalement une très belle cohésion et une histoire terrible. Drame annoncé en filigrane, chronique de la fin d’une ère, on entend les chevaux hennir et les rouleaux de poussière ocre passent dans le coin de notre oeil : réussite totale ! Venise a aimé elle aussi.

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