« Les fidélités » – Diane Brasseur

Allary éditions, 2014, 174 pages

Brasseur

C’est drôle parce que l’idée que je me faisais de ce roman avant de le lire, à travers des impressions glanées ici ou là, était de l’ordre de la légèreté, du truc un peu caustique mais pas trop, premier roman, auteur très jeune, sujet éternel à dépoussiérer obligatoirement, tout ça; je l’ai ensuite vue à La Grande Librairie et j’ai eu l’impression qu’elle était au bord des larmes à un moment, ça m’a fait penser que quelque chose (quelqu’un) lui tenait terriblement à coeur dans ce qu’elle avait écrit. Et puis en fait ce sont 174 pages qui se lisent d’une traite, qui forment un tout bien compact, bien mesuré, réfléchi, pesé, une observation d’une grande pertinence de laquelle le lecteur ne sent ni exclu ni voyeur, mais à laquelle, également, il n’a nulle envie de participer, jamais. Il s’agit d’un quinquagénaire très heureux en mariage et attaché à ses principes et valeurs qui tombe malgré lui très amoureux d’une jeune femme beaucoup plus jeune que lui. Tout le roman nous le montre échafaudant des exorcismes (ce qui a été vécu en imagination ne pouvant en aucun cas advenir identiquement dans la réalité, pense-t-il) et revisitant des moments du passé, à l’aube de partir dix jours à New-York avec sa famille. Qui doit-il quitter, se demande-t-il, pourquoi en quitter une, comment continuer ainsi, qui souffre le plus, que faire ? C’est un roman réussi parce qu’on comprend bien la situation – ce qui nous évite de porter un jugement – et que tout est fin, légèrement ouaté dans le propos. Ca en constitue également la limite, c’est très policé, ce qu’on apprécie ou pas, selon sa sensibilité. (Je me demande quel est ce roman qu’ils lisent et aiment tous trois, ainsi évoqué : « roman de 476 pages publié chez Lattès, dont les médias ont beaucoup parlé » ? J’ai bien aimé ça « A sa manière de l’empoigner et de le tenir très près de son nez, j’ai su que le livre lui plaisait.« )

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