« Mustang » – Frédéric Doré

La Table Ronde, 2014, 151 pages

Doré

Tout commence en décembre 2008 par une scène d’accident de voiture, dans le Nevada, pas loin de Las Vegas; une femme, dont on ne sait rien, perd brutalement le contrôle de son véhicule et est très grièvement blessée (c’est celui qui l’a secourue qui raconte, et il est salement impressionné). Puis on remonte au début de l’année, à New York. Là, on fait la connaissance du narrateur, un jeune français qui de tout temps a une idole : Balandier. Tête pensante d’une société chargée du futur tourisme spatial, ce Balandier est un type un peu mystérieux (dans le sens autiste) (enfin disons énigmatique) et super brillant. Notre narrateur, donc, travaille sous ses ordres et a par ailleurs une vie privée harmonieuse, très épris d’Emily, sa copine new-yorkaise. Quel rapport avec l’accident inaugural ? Tout le roman consiste à nous rapprocher insensiblement de ce moment qui va cristalliser les angoisses et le malheur de toute une vie… Voici un premier roman qui donne envie de suivre les prochains, il manque un peu de substance (disons qu’on a du mal à ressentir les choses) mais la plume est agréable et c’est un plaisir de sortir un peu des histoires habituelles qui se ressemblent souvent : ici on sort des clous, on explore de nouveaux sujets, et il règne une qualité d’atmosphère (au pluriel, d’ailleurs, elles sont variées) qui fonctionnent bien.

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