La fin du monde a du retardJ.M. Erre

Buchet-Chastel, 2014, 400 pages

Erre_La fin du monde

4 jours. Julius le sait, l’annonce sur Internet dans un blog très alimenté depuis son hôpital psychiatrique et va le vivre dans sa chair : la fin du monde aura lieu dans quatre jours. A ses côtés, Alice. Tous deux amnésiques. Lui, il a une idée très claire du déroulement « idéal » d’une quête. Elle, ne ressent plus aucune émotion d’aucune nature. Alors le suivre, pourquoi pas. On cherche quoi, au fait ? La preuve que Julius est dans le vrai (si elle existe, c’est un codex. Il sait même où le trouver). C’est parti pour une épopée furieuse et totalement déjantée… L’humour, c’est difficile. Faire rire sur quatre cent pages, pratiquement à chaque page, en renouvelant constamment son registre et sa forme, en raillant le thriller ésotérique tout en tenant ferme la barre d’une histoire qui soit plaisante à suivre, ça tient du merveilleux. Le fond du propos est en plus loin d’être creux (les phases 3 et 4 des extraits du blog sont même émouvantes), j’ai adoré le ping-pong verbal permanent entre le commissaire et son adjoint, le moment de la librairie, toutes les petites ruptures de l’absurde (absolument hilarantes), les petites références gentiment moqueuses ou les rapprochements littéraires et cinématographiques, mais c’est bien simple, j’ai ri dès l’exergue, et n’ai ensuite plus cessé de m’émerveiller de chacune des trouvailles, des façons d’exposer les choses, des tournures toujours pertinentes et de cet esprit résolument gai et bienveillant, super positif, que l’on ressent à travers tout le texte. Du pur plaisir ! (Pas d’extraits, tout se tient et se répond, sortir quelque chose du contexte en gâterait l’effet, je trouve) (mais bon allez, l’exergue !) :Erre

Le Bouquineur a aimé aussi, mais un peu moins 😉

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