Est-ce qu’on peut « bien l’aimer », Nicolas Kolt ? Ca me semble difficile, tout autant, à vrai dire, que de lui accorder une quelconque crédibilité. Personnage principal (mais non isolé, pour le moins) du dernier roman de Tatiana de Rosnay, « A l’encre russe » (Editions Héloïse d’Ormesson, 2013, 348 pages, traduit de l’anglais par Raymond Clarinard (Russian Ink)), c’est dans sa vingt-neuvième année que nous passons trois jours en sa compagnie, dans un petit palace ultra select quelque part sur la côte toscane. Alors qu’il renouvelait son passeport, il a découvert que son grand-père n’était pas son grand-père. Bouleversé, il a cherché à en savoir plus et en a écrit un roman, qui a cartonné mondialement. Tout ça lui est complètement monté à la tête, il a perdu tout contact avec son ancienne vie et le voilà donc, à l’aube de la trentaine, beau, beau, beau et con à la fois. Notre Nicolas, donc, est en off pour trois jours, avec une jeune petite copine qu’il n’aime pas, un projet de roman qu’il n’a pas (et sur lequel il ment à tout le monde), sans nouvelles de sa môman (il commence à s’inquiéter), et ce qu’il trouve de mieux à faire c’est de flirter (et plus, car affinités) virtuellement avec une lectrice qu’il a brièvement rencontré une demi-seconde des années plus tôt. Mais le sort ne va pas le laisser bien bien tranquille, et en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire TOUT va changer… J’ai lu ce roman avec un vrai plaisir et ce pour une raison principale : l’auteur elle-même, il me semble, s’est beaucoup amusée en l’écrivant. Communicante patentée, elle a joyeusement inséré de nombreux éléments disparates (et transposés) de sa propre vie (voire de ses romans), brouillant le tout avec quelque-uns des lieux communs à son endroit souvent proférés, sans oublier de pimenter avec un soupçon de moments croustillants, ni de soutenir le tout par une réflexion sur l’écriture. Je suis beaucoup moins fan de l’épilogue (et d’une manière générale, de la dimension tragique qui peine à exister).

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