Fantômes, Histoire troublesJoe Hill

Ed. J’ai lu 2014 (JC Lattes 2010), 414 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Valérie Rosier (20th Century Ghosts 2005)

Hill Joe

Je ne sais pas pourquoi j’ai autant attendu avant de lire Joe Hill, et j’ignore tout autant pourquoi la maturité de sa plume et de son univers m’a étonnée, il n’est pas si jeune et d’ailleurs quel rôle un âge peut-il bien jouer dans une rencontre entre un auteur et une lectrice… Mais voilà, je l’ai lu, et c’est une évidence, c’est limpide, c’est le bonheur, ne pas déranger, fusion réussie : fils de, d’accord, mais héritage transcendé. Ses nouvelles sont très réussies, parce qu’elles distillent toutes un vrai sentiment de trouble. Dès la première, on sent la maîtrise, on est subtilement amené à éprouver une réelle inquiétude, état confirmé histoire après histoire; mais on sent également une pénétration, une intensité, une exactitude qui ne sont pas les qualités premières de la plume de son père, et c’est en quelque sorte jubilatoire, un « plus ». Par ailleurs, on est souvent dans les années 70, ou dans une période tout à fait indéterminée mais qui ne semble jamais être « de nos jours », ou dont la modernité n’est jamais évidente, et curieusement ça attise le malaise. J’ai tout aimé dans ce recueil que je n’ai pas pu lâcher (même si c’est une formule convenue), avec une préférence absolue pour « Le masque de papa« , dont l’atmosphère étrange (et la mère super flippante) m’ont fait forte impression. Le King n’est pas mort, mais vive fiston quand même !

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