Guillebaud

Il est éditeur, elle aussi. Il est marié, elle aussi. Il a des enfants, elle aussi. Il est heureux dans sa vie, son couple, sa famille, elle aussi. Et pourtant, lorsqu’ils se rencontrent dans un salon du livre, « Immédiatement, il lui plut. » Et même, « Quelque chose en elle avait bougé. Cela prendrait le temps qu’il faudrait mais ils auraient à faire ensemble. » Et même encore : « Ce fut long, mais elle ne pensait pas à l’impatience. Elle connaissait son numéro de téléphone, aurait pu l’appeler dix fois. Elle n’appela pas. Pourtant il chemina à ses côtés, sans déranger sa vie. Elle pensait à lui mais c’étaient des pensées sans images, rien de précis, seulement une certitude qui grandissait paisiblement. Elle, si capricieuse d’ordinaire, habituée à obtenir vite ce qu’elle désirait, par jeu, par orgueil, ne bougeait pas. Elle attendait. » Se déroule ensuite le jeu immuable mais toujours renouvelé de l’histoire amoureuse, adultère évidemment : la grâce, la plénitude, et toutes les étapes suivantes qu’on croit toujours pouvoir s’éviter mais qui se produiront,  indépendamment de tous les efforts produits. Du banal, en somme, mais les mots de Catherine Guillebaud le transcendent avec une grande sérénité, et elle nous crucifie avec autant de pudeur que de délicatesse. Comment cela se termine-t-il ? Bien et mal, ça dépend pour qui… C’est Chalipette qui m’a donné envie, et c’était le premier roman de Catherine Guillebaud (Seuil 2002 & Points 2003, 173 pages) : « Amants« .

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