« … finalement Lisandra avait eu raison d’avoir peur, savait-elle d’instinct comment, un jour, elle mourrait ? Et si on le savait tous, d’instinct, au fond de soi, comment, un jour, la mort viendra nous cueillir, et si nos névroses n’étaient pas relatives à notre passé, comme on le croit toujours, mais à notre avenir, des cris d’alarme. » (Intéressant comme postulat, non ?)

Grémillon

J’ai été happée par « La Garçonnière » d’Hélène Grémillon (Flammarion, 2013, 400 p.) alors que je ne me souviens même plus comment ce roman est entré chez moi (sans doute grâce à Yue ?) et que seul un concours de circonstance a fait que je l’ai entamé, sans y croire et sans rien en attendre. Non seulement l’intrigue fonctionne (et nous embarque bien dans son suspens et son rythme changeant et particulier), mais surtout je me suis délectée d’une nuée de petites choses éparses (et annexes le plus souvent, bien que toujours parfaitement intégrées dans la progression de l’histoire). Plus clairement, c’est simple à la base : un psy est incarcéré pour le meurtre de sa femme, qui a été défenestrée. Une de ses patientes croit en son innocence et mène sa propre enquête en vue de l’établir; nous sommes en Argentine, en 1987; rien ni personne n’est tel que les apparences le laissaient supposer… A partir de ces éléments de base, j’ai trouvé que des propos pénétrants étaient tenus sur plusieurs sujets universels (le vieillissement, la jalousie par exemple), et c’est avec une curiosité grandissante que j’ai tourné les pages. Je regrette le côté un peu chargé de l’ensemble (et notamment la toute fin) mais au moment où on le lit, tout passe bien, et c’est le principal. Une plume tourmentée et accrocheuse.

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