Les faucheurs sont les anges Alden Bell

Bragelonne 2012 & Folio SF 2013, 306 p.

Traduit de l’américain par Tristan Lathière (The Reapers are the Angels 2010)

Bell

Un jour, et sans que l’on sache pourquoi, les morts sont revenus. Putréfiés, déficients, ralentis, mais affamés. Depuis, chaque personne qu’ils mordent est contaminée et chaque individu qui meurt revient. Une seule façon d’empêcher ça, la destruction du cerveau (à la machette, par balle, par insertion d’un objet pointu par un orifice, peu importe). Du plus loin que remontent ses souvenirs, Temple n’a jamais connu un autre monde, même si parfois au hasard des rencontres on lui raconte comment c’était, avant. Elle n’a que quinze ans, pour sa part (mais a tout d’une vieille âme). A été élevée dans un orphelinat quelques temps avant très vite de devoir se débrouiller toute seule, sans savoir ni lire ni faire confiance à quiconque, encore moins à elle-même. C’est son errance à travers des Etats qui n’ont plus rien d’Unis qu’on nous raconte ici, l’histoire d’une gamine montée en graine pleine de paradoxes et la survie chevillée au corps. Rien d’extravagant (quoique les mutants du marais soient coton à visualiser) mais de l’efficace : une sorte de western un peu désespéré, véhiculant un étrange sens de l’honneur (auquel on ne résiste pas). Outre les réussies péripéties d’une intrigue (classique), ce sont les doutes lancinants, la détresse et la formidable envie de vivre de notre héroïne qui nous rivent aux pages. Encore un roman lu d’une seule traite, sans souffler. Cachou aussi le recommande.

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