« … même si parfois je la repoussais, feignant de la trouver stupide et inutile. A l’inverse ma colère me semblait profonde, justifiée.« 

Mon hiver à Zéroland Paola Predicatori

Les escales, 2013, 306 pages

Traduit de l’italien par  Anaïs Bokobza (Il mio inverno a Zerolandia 2012)

Predicatori

Trois générations de femmes sous le même toit, les deux extrémités boudeuses et sombres et la mère lumineuse et gaie, avec ou sans homme. Un vilain cancer passe par là, deux ans pour péricliter et terminé. C’est l’histoire d’une jeune fille de dix-sept ans l’année entière qui suit la disparition de sa mère, cette année-même où les hormones se déchaînent et où elle ne se comprend plus du tout, passant d’une émotion à une autre en un battement de cil, l’année du bac, aussi, et ces épreuves insensées que sont le premier Noël « sans » ou les dates anniversaires, à moins que le pire ne se love sous les plus insignifiants moments, le souvenir d’une conversation anodine ou le fait que personne ne vous parle d’elle, de l’absente, sinon pour énoncer des platitudes qui ne réconfortent en rien. Alors Alessandra s’exile, elle se rapproche du paria de la classe, juste pour être seule, et tranquille. Et Dieu sait que Gabriele, surnommé « Zéro », ne cherche pas le contact. Mais…

Un joli premier roman plutôt sobre, qui déroule une petite douleur lancinante avec une certaine justesse, qui rend compte de l’effet balsamique du passage du temps, un roman du temps des fêtes, paradoxalement, plutôt destiné à la grande adolescence (ou Young Adult, comme on dit), et qui se termine par la traditionnelle lueur d’espoir, à défaut de véritable happy end.

Cathulu et Clara ont aimé aussi.

Publicités