« Quelle douce satisfaction, quelle élégance dérisoire, quelle folie discrète, il y avait à proposer du thé quand, dans son coeur, le chagrin, pareil à une fête, battait son plein.« 

J’étais Quentin Erschen – Isabelle Coudrier

Fayard, 2013, 400 pages

coudrier

L’Alsace, les années 70, Adèle Erschen décède alors que ses enfants sont encore bébés : Quentin a 3 ans, Raphaël 2 et Delphine 1. Leur médecin de père, anéanti, fuit le foyer dans le travail et une gouvernante efficace mais froide assure une présence. Natacha Flinch, la petite voisine (un an de moins que Delphine) est fascinée par cette fratrie, éprise d’elle dans son ensemble et passe littéralement sa vie dans son souffle, avant de se rendre compte que ses sentiments se sont cristallisés sur Quentin. Mais Quentin, lui, notre héros (qui prendra – rarement – la parole lui-même), s’il éprouve de l’affection pour Natacha, ne l’aime pas. Ca, c’est l’intrigue de base, toute simple, qui va s’étoffer au fil des pages et à mesure que tout le monde grandit (on les suit jusqu’à la trentaine), mais – comme souvent – ce n’est pas elle qui est remarquable dans ce deuxième roman d’Isabelle Coudrier (dont je veux absolument lire le premier) : non, ce qu’il y a, c’est la langue. Sans préciosité, sans rien de spectaculaire (sans ostentation quoi), la plume d’Isabelle Coudrier est tout bonnement limpide. Les phrases sont simples, le vocabulaire précis (mais pas prétentieux), les enchaînements coulent tout seul, il y a une sorte de neutralité (mais sans réelle froideur) qui est fascinante intrinsèquement, comme si la personnalité même de Quentin Erschen avait pris le contrôle et était en train de s’exprimer, pour raconter son histoire. Très original !

C’est Clara qui m’a donné envie.

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