Monde sans oiseaux –  Karin Serres

Editions Stock, 2013, 112 pages

serres

Il paraît qu’il existait des oiseaux, avant. Maintenant, on a trouvé comment rendre les cochons-biftecks supra résistants, leur longévité est incroyable et ils sont devenus amphibies aussi bien que fluorescents. C’est « Petite boite d’os » que l’on suit, de sa naissance à sa presque mort (en réalité elle meurt au monde lorsque son mari meurt). Elle vit dans une petite communauté au bord d’un lac dont le niveau ne cesse de monter, des ethnologues viennent régulièrement les observer en raison de leur mode de vie « à l’ancienne », mais en fait il suffit de prendre le bac pour aller en ville, d’ailleurs Petite Boite y travaillera, pendant quelques années. C’est l’histoire de tout ça, mais c’est surtout une histoire d’amour, une très touchante et troublante et douce histoire d’amour, un amour de toute une vie, un amour qui fait reconnaître l’humeur de son chéri rien qu’à sa démarche au loin. Et les eaux montent, et la pollution s’accentue partout… C’est incroyable la densité de ces quelques pages, la manière si vaporeuse dont Karin Serres (et dans un premier roman, encore !) dresse tout un futur cohérent tout en s’attachant à l’intériorité d’une seule personne, tout ce qui est dit sous les mots même, cette vision qui devient de plus en plus nette et toute cette émotion qui surgit… magique et planant. Excellent ! Merci Yue.

Aimé par tous ceux qui l’ont lu (ou presque), dont beaucoup sont répertoriés chez Aifelle.

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