AilleursRichard Russo

Quai Voltaire / La Table Ronde, 2013, 258 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis, Elsewhere 2012) par Jean Esch

russo

Fear no more the heat o’ the sun,

Nor the furious winter’s rages;

Thou thy worldly task hast done,

Home art gone, and ta’en thy wages:

Golden lads and girls all must,

As chimney-sweepers, come to dust.

William SHAKESPEARECymbeline, Acte IV, Scène 2

Ce sont les mots que prononce Richard Russo lorsque, avec sa femme et ses filles, il libère les cendres de sa mère à l’endroit qu’elle avait souhaité. Il les emprunte à Shakespeare parce qu’il n’a lui-même rien à dire, sec, totalement vide à l’exception d’un très sincère mais très insuffisant : « Je suis désolé. » Et c’est à travers les pages qu’il nous offre à lire qu’il entreprend alors de parler d’elle, sa mère, sa terrible et si fragile en même temps maman. Ce sont des pages immensément touchantes, très intimes, très vraies, sans que le lecteur soit jamais placé en position de voyeur. Richard Russo y accomplit un impressionnant travail d’analyse, et parvient à restituer les ambiances, les moments, tout en faisant partager ses prises de conscience, les étapes de sa compréhension (les pages 96-97 sont parfaites). On retrouve sa plume, sa manière si élégante d’être léger, alors que ses sujets sont douloureux, et cette simplicité que j’affectionne tant. Emouvant mais pas que. Vibrant. Mais pas que. En fait, en dehors de l’aspect sentimental (et je vous assure que votre empathie va se mettre en branle quelque chose de bien), on est comme sidérés, après lecture, de la pertinence du regard de Richard Russo, ce qu’il parvient à comprendre, à dénouer de ses propres actions et sensations, sans recours à une aide extérieure (psy ou autre). Une très grande sensibilité.

« Ma mère possédait ce que l’on pouvait véritablement appeler une bibliothèque. Même si celle-ci comptait moins de cinq cent ouvrages, des livres de poche bon marché en majorité, dont certains avaient été achetés vint-cinq cents en solde, ils exprimaient ses goûts et sa personnalité. Je possédais dix fois plus de livres, mais ce n’était pas une bibliothèque. Ma femme et moi avions mis nos livres en commun depuis longtemps (nos goûts étant compatibles dans l’ensemble, sans être identiques) et un grand nombre de nos étagères accueillaient des ouvrages écrits par d’anciens étudiants ou collègues. Il y avait également une incroyable quantité d’épreuves brochées envoyées par des éditeurs en quête d’un commentaire approbateur. Et, bien entendu, il y avait des livres que, pour une raison ou une autre, je me sentais obligé de lire. Barbara et moi avions le plus grand mal à nous séparer des livres, même ceux que nous n’aimions pas, sachant que derrière les pires échecs se cachait un auteur qui avait trimé amoureusement, pendant Dieu sait combien de temps. C’est du sentimentalisme, évidemment, et si vous y succombez vous ne créerez jamais une bibliothèque, pas comme celle de ma mère, en tout cas. Si un inconnu entrait chez elle, un rapide examen de ses livres lui donnerait une assez bonne idée de la personne qu’elle était, alors qu’il pourrait juste dire de nous : La vache, ces gens-là ont des tonnes de livres.« 

« Je n’étais pas un être supérieur, uniquement une personne éduquée, et cela, je le devais en grande partie à ma mère. Peut-être avait-elle tenté de me dissuader de devenir écrivain, mais si j’en étais un aujourd’hui, elle en était la principale responsable. Quand nous vivions dans Helwig Street, après ses longues journées de travail chez G.E., après avoir préparé son frugal repas et fait la vaisselle, la lessive (sans l’aide d’un lave-linge) et le repassage, après avoir vérifié que tout était prêt pour l’école le lendemain, elle aurait pu s’écrouler devant la télé, mais elle ne le faisait pas. Elle lisait. Tous les soirs. Ses goûts, qui n’avaient pas été formés comme le seraient les miens plus tard par une pléthore de professeurs de littérature, étaient tout aussi dogmatiques; elle lisait Daphné Du Maurier et Mary Stewarts jusqu’à ce que les couvertures se détachent et que les livres doivent être remplacées. C’est grâce à ma mère que j’ai appris que lire n’était pas un devoir, mais une récompense, grâce à elle que j’ai eu l’intuition d’une vérité essentielle : la plupart des gens sont enfermés dans une existence solitaire, une vie restreinte par le manque et l’absence d’imagination; des limites que ne connaissent pas les lecteurs. Vous ne pouvez pas créer un écrivain sans créer d’abord un lecteur, et c’est ce que ma mère a fait de moi. En outre, même si je n’avais pas l’âge de m’intéresser à ses livres, ceux-ci participèrent à la fabrication de l’écrivain que je deviendrais plus tard, un écrivain qui, contrairement à beaucoup d’auteurs formés à l’université, ne considérait pas le mot « intrigue » comme un gros mot, qui faisait attention au public et au rythme, et qui se montrait peu tolérant envers les prétentions littéraires.« 

Après un passage très drôle sur ce qu’il appelle ses « lubies » (des mois de flipper intensifs, par exemple, la spirale que connaît assurément tout tempérament obsessionnel) et la façon dont elles cessent aussi subitement qu’elles apparaissent, à condition qu’on se laisse porter (et qu’on subisse, donc…), ceci :

« Il ne me fallut pas longtemps pour découvrir que l’écriture de romans était une activité qui convenait à mon tempérament et utilisait mes qualités, quelles qu’elles soient. Car, ne laissez personne vous dire le contraire, écrire un roman, c’est principalement faire du triage (ça maintenant, ça plus tard) et de l’obstination. C’est avancer à tâtons dans le noir, en essayant d’échapper à la Loi des conséquences imprévues. C’est vivre avec l’incertitude et l’accueillir volontiers. Essayer quelque chose et, si ça ne marche pas, en essayer une autre. Accepter le désordre. Renoncer à une bonne idée au profit d’une meilleure. Savoir que vous n’atteindrez pas la ligne d’arrivée avant un an ou deux, ou cinq, ou peut-être jamais, et ne pas vous en soucier. Avancer en mettant un pied devant l’autre. Prendre des petites bouchées, bien mâcher. Et recracher. Savoir qu’après avoir enfin ordonné tout ce qui peut l’être vous rechercherez à nouveau le chaos. Rincer et recommencer. Bizarrement, sans en avoir l’intention, j’avais découvert comment transformer l’obsession en ce que ma grand-mère appelait le pur esprit de contradiction – des traits de caractère qui avaient poursuivi mes deux parents et les avaient entraînés dans des ennuis sans fin – à mon avantage. Ces mêmes qualités qui, une vie durant, avaient restreint le monde de ma mère avaient élargi le mien. Comment, par quel mécanisme ? La simple chance ? La grâce ? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Appelez-ça comme vous voulez, sauf la vertu.« 

Un chouette billet sur Le Bruit des Livres.

De Richard Russo j’ai également lu :

Un rôle qui me convient (Quai Voltaire, 1998, Trad. Jean-Luc Piningre)
William Henry Devereaux a cinquante ans, et est directeur par intérim du département de lettres d’une petite université de Pennsylvanie. Il s’est construit un réseau de solides inimitiés, tout autant qu’il inspire de vives sympathies : il ne sait jamais lui-même ce qui va sortir de sa bouche, ayant élevé l’art de la répartie moqueuse au rang de seul réponse possible. Il charrie tout et tout le monde, et on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon. C’est le genre de personnage hyper attachant qu’on déteste autant qu’on l’aime. Dans un imbroglio de possibilités quant à l’avenir bureaucratique de son université, il décide sur un coup de tête de menacer de tuer une oie par jour tant qu’il n’obtiendra pas son budget pour la rentrée prochaine. Cela sera fortement médiatisé, et ses journées seront extrêmement remplies, entre ses cours, ses parents, sa fille et ses problèmes de santé….
430 pages de pure ironie, qui expriment en même temps aux petits oignons l’atmosphère d’un certain milieu, et ne se dérobent pas quant aux questions existentielles de la cinquantaine. Le plus admirable étant vraiment la vision d’ensemble qui parvient à se dessiner derrière les petits actes de chacun.

Le déclin de l’empire Whiting  (Quai Voltaire, 2002, Trad. Jean-Luc Piningre) (Prix Pulitzer 522 p.)
Un bonheur de lecture du premier au dernier mot. Richard Russo installe tout tranquillement ses personnages, situe l’action d’une façon magistrale, nous plonge à merveille dans l’ambiance kitch d’une petite ville mourante des Etats-Unis. Et quelle galerie de personnalités hors normes ! Ils sont tous très attachants et complètement faillibles. Ici pas de méchant qu’on déteste, les mauvaises actions ou les faiblesses des uns et des autres trouvent leur pendant dans leur vie que l’on déroule, il est difficile d’en vouloir à quelqu’un quand on comprend ce qui l’a amené là où il en est.
Il est amusant de constater la légère obsession de l’auteur quant aux auto-écoles, dans ses trois premiers livres on retrouve la même histoire de moniteur plus ou moins améliorée… (Et en fait on comprend pourquoi en lisant « Ailleurs« …)
Richard Russo a beaucoup de points communs avec Russell Banks. Là où il lui manquerait peut-être la finesse de l’analyse, il compense avec bonheur par un sens de la dérision très plaisant.

Quatre saisons à Mohawk  (Quai Voltaire, 2005, Trad. Jean-Luc Piningre)
Il s’agit en fait du second roman de Richard Russo, écrit en 1988, et traduit tardivement en France. De fait, on se retrouve immédiatement en terrain familier, dans cette petite ville imaginaire de Mohawk.
Quand Ned Hall nait en 1947, son père revient juste de la guerre après avoir débarqué en Normandie, et a l’impression que la grossesse a duré à peine une semaine. Ce qu’il veut, lui, et de façon permanente et durable, c’est boire, courir les filles et jouer aux courses. Sa femme, constatant qu’il ne se calmera pas, s’en sépare et élève seule le petit Ned.
Seulement quand elle traverse une grave dépression et doit être hospitalisée, Sam Hall héritera d’un fils de 10 ans qu’il a vu une fois.
Mais à Mohawk Sam est une figure, et à sa traine le P’tit Sam va se coltiner la vie selon l’angle de vue très middle-class mais néanmoins hautement réjouissant d’un gamin de l’Amérique des années 60 …
Encore une fois c’est savoureux du début à la fin, Sam est aussi tête de cochon que charmeur, Ned un mignon petit mou, et on ne peut qu’aimer la galerie de personnages qui leur gravitent autour. Que l’on aille à la pêche aux poissons ou aux balles de golf perdues, que l’on chaparde dans les magasins ou qu’on rencontre le premier Marxiste par instinct, à aucun moment on ne lit, en fait, on est partie prenante de l’aventure, et on a complètement oublié ces histoires de morale, de il faudrait ou ne faudrait pas.
A noter qu’on ne prend pas encore de leçons de conduite ici, par contre on a déjà notre personnage qui collectionne les insolites, les coquilles et bizarreries.

« J’ai opiné. Splendide journée en effet.
Le premier jour du reste de nos vies, a poursuivi Mme Ward, en s’asseyant sur la troisième chaise. J’ai entendu ça quelque part et ça m’est resté dans la tête. Voilà comment il faut regarder les choses, surtout les vieilles.
– Absolument, ai-je dit.
– Tu vois ? a dit Mme Ward à sa fille. Il n’y a que toi pour jouer les rabat-joie.
– Je ne rabats rien du tout, maman. Je suis réaliste, c’est tout.
– Une affreuse réaliste. Dieu merci monsieur… n’a rien d’un réaliste, sinon il ne mangerait pas avec autant d’appétit.
Nous avons mangé avec beaucoup d’appétit jusqu’à ce que Tria, pour oublier peut-être son affreux réalisme, remarque que les kiwis étaient merveilleusement bons.
– « Absolument » ai-je dit en me jurant de ne plus utiliser cet adverbe pendant au moins une demi-heure. Et en me demandant lesquels de ces fruits étaient des kiwis.
Il s’est ensuivi un long moment pendant lequel nous paraissions nous rendre compte qu’il serait difficile de poursuivre une conversation normale. Nous étions sur une scène et, l’un de nous ayant laissé passer sa réplique, nous ne savions plus à qui revenait la prochaine. Nous avions l’air de songer, que, peut-être, ce brunch était une mauvaise idée dès le départ, et nous puisions dans nos coupes avec un intérêt renouvelé, comme si le kiwi et les fruits de la passion allaient naturellement nous sauver du naufrage.
– Quel bonheur d’être vivant par une si belle journée, a dit Mme Ward.
– Absolument. »

Le pont des soupirs (Quai Voltaire / La Table Ronde, Sept. 2008, 726 p., 25 € Trad. Jean-Luc Piningre)
Richard Russo est reconnaissable entre mille : Outre sa très américaine façon de disséquer chaque particule de pensée de ses personnages, il excelle à dépeindre les perdants magnifiques, les petites villes paumées, avec une tendresse remplie d’humour. Pourtant, « Le pont des soupirs » se démarque de ses précédents romans, il est délayé jusqu’à l’extrême limite (au risque de perdre par moment l’intérêt du lecteur), il est plus triste, aussi, assurément, et souvent très injuste.

Nous sommes à Thomaston, petite bourgade polluée proche de New York. Louis Charles Lynch en est devenu le maire. Très attaché à sa ville, il y dirige plusieurs petites épiceries, en famille. La soixantaine venue, son épouse Sarah et lui sont sur le point de se rendre à Venise. Mais avant, Lou a entrepris d’écrire sur son enfance. Se mêlent alors ce qui fut et ce qui est, menaçant ce qui sera…
C’est une galerie de portraits généreux, qui a la particularité de faire évoluer l’avis du lecteur sur ses personnages. Tessa, par exemple, la mère de Lou, apparaît de prime abord assez antipathique, avant qu’on n’en vienne à l’admirer puis à franchement la respecter. Loulou, le père, y est dépeint de bout en bout comme une pâte, une crème, un bon gros nounours qu’il est impossible de ne pas aimer; mais protéger les gens devient pourtant fatigant au bout d’un moment… Et notre héros, qui déteste tant qu’on l’appelle Lucy (Lou C.), lui-même, suscite quelque irritation.
La construction est plutôt hachée, passant de l’un à l’autre et des souvenirs au présent, on peut être quelque peu déstabilisé par l’incursion fugace de Bobby au présent alors qu’on est immergé en plein dans son enfance, son ombre plane tellement tout au long du roman qu’on regrette de ne pas avoir son point de vue plus souvent ou longuement. Mais c’est bien Lou notre interlocuteur principal (même s’il cède la place aussi à Sarah de temps en temps), et il faut lui reconnaître une emprise certaine : j’ai souvent posé la main à plat sur le livre refermé, comme pour lui transmettre ma chaleur attentive, les yeux dans le vague, méditant tel ou tel point. Les petites vies remuent l’universel, y a pas à dire.
« Je ne sais plus à quel âge j’ai entendu pour la première fois quelqu’un traiter Big Lou Lynch de « bouffon ». J’étais tellement surpris que, sûr de me tromper sur le sens véritable du mot, je suis allé vérifier dans le dictionnaire. J’ai probablement entrevu ce jour-là les obscurs fondements de la méchanceté, et mesuré notre impuissance devant elle. Quoi qu’il en soit, j’ai remarqué que, parfois, les gens paraissent gênés de finalement m’aimer bien, comme s’ils ne comprenaient pas pourquoi. J’ai reçu beaucoup d’amour dans ma vie, peut-être plus que je n’en mérite, mais mon père est la seule personne à m’avoir aimé sans réserve, c’est pourquoi il m’est impossible d’en émettre à son sujet.« 

Les sortilèges du Cap Cod (Quai Voltaire, 2010, 315 p. Trad. Céline Leroy)

C’est l’histoire d’un gars, la cinquantaine descendante, qui n’est plus d’aplomb. Le temps de deux mariages (sa fille et une de ses amies), à une année de distance, il remet toute sa vie en question. Son couple, sa belle-famille, son enfance, ses propres parents, ses boulots…
C’est un roman lent et tranquille (un peu désenchanté) qui s’insinue doucement dans l’esprit et le coeur du lecteur, pour laisser durablement sa marque. On chemine à petits pas sur les sentiers de l’hérédité, la transmission, les relations entre les gens, on met un peu de temps à réellement entrer en empathie avec Griffin (qui est tout de même plutôt mou) mais finalement tout se met en place. Empli de petites choses, de dialogues surprenants, incisifs, de morceaux de vie, le roman parvient à nous mettre gentiment en miettes, malgré l’humour toujours prégnant.
On le termine en mode tendresse nostalgique, il m’a beaucoup fait penser au film avec Emma Thompson et Dustin Hoffman, « Last Chance for Love« , pour son ambiance.
Il est de la race de ceux qu’on voudrait ne pas voir finir, pour avoir rendez-vous encore une fois avec notre pote Griffin.

(L’Olde Cape Lounge affiche une pancarte où est inscrit en lettres gothiques le message suivant :
Ven ezpas seru neheur
efesti vedan slajoi eet labon
nehu meurque l’amit iéso
oitrei nesoy ezju steet bo nettai
sez tout ema uvai sepa role.
Saurez-vous le déchiffrer ?…)

Mohawk (Quai Voltaire, 2011, 437 p., trad. Jean Esch) (premier roman de Richard Russo (1986))

Une histoire de relations humaines, des perdants attachants, l’Amérique des années 70, un humour subtil et toujours à double tranchant, on rit pour ne pas pleurer chez Russo et il s’adresse toujours à notre empathie dont il a trouvé l’accès direct.

Mohawk, fin des années 60 (puis quelques années plus tard), une petite communauté et un personnage central, la belle Anne. Ses parents, sa cousine, son fils, son ex-mari, et ceux qui gravitent autour, et les interactions entre tous ces gens. Le père d’Anne était un grand lecteur, qui pensait que sa fille méritait mieux que cette vie ici, qui n’avait jamais frayé avec les autres, refusant la promiscuité, les concessions et les amalgames. « Il savait également que même s’il avait lu plus de livres qu’un grand nombre d’hommes instruits, il n’en demeurait pas moins qu’ils étaient instruits, et pas lui. » « Entre lui et les autres, il y avait toujours eu un gouffre, et il n’était jamais certain d’avoir envie de le combler. N’était-ce pas une fraternité païenne fondée sur l’ignorance, l’autosatisfaction, la peur et la promiscuité ?« .
Mais personne n’est jamais seul, à Mohawk comme ailleurs. Et il faut bien avancer avec ce que la vie vous a donné…
Han la la, en choisissant soigneusement ce que je peux dire ou pas, je mesure la profondeur de ce roman, tout ce qu’il dit de la vie derrière les péripéties de son intrigue. Il se lit comme un rêve, il coule tout seul et il imprime ses marques tout au fond, la famille, les amours, ce à quoi on renonce et ces petits riens qu’on croit chasser et qui nous bouffent de l’intérieur.
Pour pinailler, les dialogues sont quelque peu abrupts, il y a plusieurs chapitres centraux déconcertants que j’ai dû relire plusieurs fois sans parvenir à les déchiffrer complètement, alors que plus loin il y a trop d’explicite, le dosage n’est pas parfait (mais premier roman, je le rappelle).
Mais quelle importance quand une plume réussit comme ici à dresser sous nos yeux une petite ville et ses habitants, et à nous y faire vivre à l’exclusion du monde extérieur ?

Sans oublier Un homme presque parfait, pour lequel je n’ai rien rédigé mais que je conseille également.

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