Wednesday 5 June 2013 : 134lb, hours in day 24, hours required to do all things supposed to do in day 36, hours spent worrying about how to fit in all things supposed to do in day 4, number of things supposed to have done actually done 1 (go to toilet).

jones

Dans un passé fort fort lointain se tenait une trentenaire qui, entre deux gloussements, n’en revenait pas d’être tombée sur une extra-terrestre qui comptait en début de journée le nombre de cigarettes fumées la veille (supposé être à zéro), les doses d’alcool ingérées ou détaillait son addiction au fromage râpé, tout en inaugurant un nouveau genre littéraire qui ferait date. Mais Bridget Jones ce n’est pas de la chick-lit, Mesdames, Messieurs, Bridget c’est Jones, Jonesey, Brige, une soeur de lait, ma copine, ma vieille vieille copine à moi que j’ai, une fille pétrie de défauts, plutôt plouc, dans laquelle on peut toutes se retrouver à un moment ou à un autre (et qui peut même être incarnée – tellement bien – par une texane pur jus), pas si marrante que ça au final mais une fille aussi vraie que puisse l’être un personnage de papier et capable de déclencher une affection du type tout ce qu’il y a de plus réel et qui ne demande qu’à déborder. Je l’aime, oui, voilà, j’aime Bridget Jones, I heart her so terribly. Lire le nouveau tome (le troisième) de ses aventures m’a procuré un plaisir fou, j’ai swooné, j’ai gloussé (j’ai fait la preuve que je glousse-pour-de-vrai dans ma vidéo crêpière, pour les incroyants), j’ai piquoté méchamment des yeux (Bridget maman, ça aussi ça sonne juste-juste-juste) et j’ai tout aimé, sans distinction, telle une groupie convaincue et reconnaissante. Alors bien sûr, on peut chipoter et faire remarquer que les deux nouveaux personnages masculins sont cette fois encore les exacts calques de Darcy et Wickham (le côté problématique de ce dernier étant cristallisé dans une différence d’âge), et que même si Hugh Grant et Colin Firth sont toujours présents à travers Daniel et Mark (grâce aux réflexions en flash-back pour ce dernier), on entend leur voix à eux dans les nouveaux aussi (et ça parasite quelque peu, pour être honnête), mais je suis sans doute bien trop bon public pour que cela me gêne réellement. La toute première fois que Daniel Cleaver fait sa réapparition (à travers un coup de fil à hurler de rire), j’ai gravement youyouté, comme si j’accueillais une rock star à son entrée en scène. Bridget’s mom, Mabel et Billy (et ce si charmant défaut d’élocution) (oh et la rédaction de Billy !), la présence constante de la cruelle absence de Mark (je me comprends), Bridget qui se confronte aux nouvelles technologies (avec difficultés, évidemment), ce qu’elle comprend si vite (online ne tient en rien la route par rapport à intheflesh) sans qu’elle ne parvienne à tracer de frontière nette… Bridget a cinquante et un ans mais elle sera jusqu’à sa mort une adolescente. J’ai lu beaucoup d’avis britons suitant l’amertume ou le jugement qualitatif, moi en refermant ce roman je me suis sentie si triste que ce soit fini. Oh yes I heart you, Bridget. So much.

Bridget Jones Mad About The BoyHelen Fielding

Jonathan Cape Random House 2013, 386 pages. (VO)

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