« Il avait découvert ça en enseignant. On finissait par traiter les vrais gens comme des personnages de roman, des instruments de plaisir intellectuel, des cadavres sur lesquels s’entraîner à l’autopsie critique.« 

harbach

L’art du jeuChad Harbach

JC Lattès 2012, 664 pages

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert (The Art of Fielding, 2011)

« Il n’y avait pas de « pourquoi » dans la vie d’un individu, et très peu de « comment ». A la fin, dans notre quête de la sagesse, on ne pouvait revenir qu’aux concepts éculés, comme la gentillesse, la bienveillance, la patience sans limite. Salomon et Lincoln disaient : « ça aussi passera. » C’était parfaitement juste. Et Tchekhov de son côté : « Rien ne passe. » Les deux étaient vrais. »

Henry a quelque chose comme la grâce, dès lors qu’il est sur un terrain de baseball. Alors Mike, capitaine d’une équipe perdante depuis plus de cent ans, le remarque et le fait entrer au Westich College, où il partage la chambre d’Owen, dont tombe amoureux le président de l’université (un hétéro de 61 ans), tandis que sa fille Paula, revenue d’un mariage raté avec un architecte richissime bien plus âgé qu’elle et contrainte à devenir plongeuse à la cantine de l’école, fricote avec Mike, qui a de gros problèmes d’addiction à la Vicodin (et on parle de Lupus, wink wink !). Tout va cachin-caha jusqu’à ce qu’Henry connaisse une grave crise de confiance. Alors… Pris à plat, aucun élément de ce campus novel ne tient réellement la route (et la trad… « elle avait son père à s’occuper« … « Je vous remercie que vous m’en donniez la permission« …), c’est à la fois too much et pas assez fouillé, et pourtant !… Pourtant le plaisir de lecture est bien présent, à défaut de s’attacher réellement on visualise bien les différents personnages, et on a envie de savoir où l’auteur va nous mener. Un Campus Novel choral, sympathique. De là à crier au génie, certes non.

Jérôme est plus enthousiaste, tandis que Brize bémolise elle aussi 🙂

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