« Katherine obtura son petit sourire narquois avec sa bouteille de bière, soulagée de pouvoir s’exprimer par son médium préféré, le cynisme acéré mêlé à un semblant de désinvolture. Que Dieu nous préserve, se dit-elle, du sérieux et du sensé.« 

Idiopathie (Un roman d’amour, de narcissisme et de vaches en souffrance) – Sam Byers

Traduit de l’anglais (GB) par Nicolas Richard (2013 Idiopathy A novel of Love, Narcissism and Ailing Cattle)

Seuil, 2013, 349 pages

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En lisant le sous-titre, je me suis dit tiens, un roman pour Cathulu, la 4° de couv m’a irrésistiblement attirée et le traducteur fut l’incitation finale : un roman pour MOI. Au final c’est bien, mais ça ne plaira pas à tout le monde. Nous sommes en Angleterre, de nos jours (ou par là) et nous suivons trois personnages. Un gars, une fille qui furent un couple (compliqué) pendant quelques années et qui se revoient, après un an de rupture franche, tandis que lui est installé avec une nouvelle amie et qu’elle est enceinte (d’un abruti qu’elle exècre) (mais elle exècre la terre entière, aussi), pour remplir leur rôle « d’amis » envers Nathan, qui sort d’un asile psychiatrique… « Comédie anglaise par excellence » nous tonitrue la 4° de couv et si ce n’est pas faux (certaines scènes sont dignes des Monty Python  ! Le passage où Daniel apporte du café aux manifestants est littéralement tordant) ce n’est pas là l’argument principal de ce premier roman : il excelle surtout, à mon sens, dans ses dialogues et dans son art de placer des mots très précis sur d’infimes variations d’humeur ou de sens. Ca se dispute à tout va, ça s’invective, ça débusque la petite bête dans tous les recoins imaginables et il faut aimer le genre. Moi, j’ai bu du petit lait.

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