Voici l’histoire d’une petite fille, qui était née par-delà les mers d’une mère qui meurt tout de suite et d’un père marin qui n’en a rien à faire et qui la colle entre les pattes de sa soeur (à Vernon, Normandie (enfin Eure), France) avant de périr à son tour. Notre enfant, Thérèse de son prénom, est alors élevée par sa tante à l’ombre de son cousin, le souffreteux Camille, qu’elle épouse selon le désir de sa tante. Tous trois s’établissent à Paris dans une petite mercerie, où des habitudes s’installent, ils reçoivent le jeudi soir. Dans ce cercle social, il y a Laurent, un collègue de Camille…

Ca m’amuse de laisser un suspens et de ne surtout rien dire* de ce qui est l’argument principal de ce roman, aussi parce qu’ainsi, je n’ai pas à discourir sur tout ce qui m’a semblé ne pas tenir. Thérèse Raquin est une oeuvre de jeunesse d’Emile Zola, le roman qui lui aura permis d’accéder à une certaine notoriété avant le succès colossal des Rougon-Macquart. Sa parution a fait du bruit, il a été violemment contesté, il a répondu (évoquant le terme de « naturalisme » pour la première fois), le livre numérique (libre de droit et donc gratuit) nous propose deuxième préface, article signé « Ferragus » et divers courriers de Zola, dont l’échange avec Sainte-Beuve qui me semble seul à avoir un avis construit sur le roman. Comme lui, je suis restée dubitative devant la dernière partie et, tentant avec  les limites de mon empathie de me mettre à la place des uns ou des autres, je n’ai pas réussi à m’y projeter, même si je sais – au moins – que la nature humaine est toujours susceptible de nous étonner. Bon, pour tout dire, j’ai du mal à accorder foi à cette histoire et à sa construction. Mais au moins l’aurai-je lue…

Super bases pour une relation : « A partir de ce jour Thérèse entra dans sa vie. Il ne l’acceptait pas encore, mais il la subissait.« 

La tante, super gaie : « Elle avait mené une vie d’affection et de douceur, et, à ses heures dernières, lorsqu’elle allait emporter dans la tombe la croyance aux bonheurs calmes de l’existence, une voix lui criait que tout est mensonge et que tout est crime. » (J’adore la formule : « à ses heures dernières ».)

Zola TR

* Allez je dis tout : Laurent est une brute sans cervelle, il « force » Thérèse, elle abdique immédiatement, ils deviennent amants, elle lui fait tourner la tête, ils se croient amoureux (alors qu’ils ne sont qu’étourdis de sexe), ils décident de trucider Camille, mais au moment même où ils passent à l’acte ils ne s’aiment déjà plus, alors après ils sont rongés par le remords, mais pas vraiment, en fait, ils sont juste mal parce qu’ils ne désirent plus du tout être ensemble, bref la vie devient impossible, ils se querellent en permanence, ils essaient de se fondre dans le vice ailleurs, rien ne fonctionne, ils décident chacun de tuer l’autre, histoire de se sentir libre (comme si ça allait supprimer le fantôme de Camille !…) et dans un geste final appelé à être grandiose se suicident ensemble. Voilà voilà.

 

Publicités