Etranges rivagesArnaldur Indridason

Editions Métailié (collection Noir), 2013, 300 pages

Traduit de l’islandais par Eric Boury (Furoustrandir, 2010)

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Où nous retrouvons donc – enfin – notre policier préféré, « au mieux de sa forme » selon les propos de la 4° de couv, c’est-à-dire empli de vague-à-l’âme, torturé, poussif et têtu comme une mule. Il est en pèlerinage sur les lieux de son enfance, comme ça lui arrive régulièrement. Il dort dans son ancienne maison, abandonnée et battue par les vents, dans un confort tout spartiate, prêt au mauvais sommeil. Il ne s’en sort pas de sa culpabilité vis-à-vis de la disparition de son petit frère, et trouve un puissant dérivatif (ou un accompagnement, selon le point de vue) dans une enquête tout sauf officielle sur une dame qui avait disparu elle aussi dans cette même nature islandaise. Il va ainsi remuer quelques tombereaux de culpabilité (autre que la sienne, mais nous aurons des détails sur les deux disparitions) en étant animé des meilleures intentions, celle de soulager « ceux qui restent ». Mais peut-on réellement être délivré de nos démons intimes ?…

Un tome toujours aussi enivrant, qui manie le suspens (qui parvient à en créer un loin de toute actualité) avec aisance et nous distille avec toujours autant de bonheur des détails sur la société islandaise (par exemple, ces nécrologies à rallonge, témoignages de toutes les personnes ayant connu les défunts, dans les journaux). Quelques images mentales pas faciles, aussi, au passage. Et un épilogue déchirant tout autant que parfait (parce que poétique) (mais mon coeur est gros…).

Quelques avis : Cathulu (merci madame !), Livrogne, Biblioblog, Clarabel,  Val, …

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